Au lendemain de l'incendie de la mairie de Limoges, lors de la journée de mobilisation du 17 octobre, le député LFI de la ville Damien Maudet est "sidéré" et "en colère". Interrogé par LCP, il rejette les accusations visant son mouvement qui porte, selon certains, une responsabilité politique dans les violences commises hier. Et il demande à l'État un soutien financier pour Limoges.
"Je suis toujours sidéré, en colère." Au lendemain de l'incendie de la mairie de Limoges, Damien Maudet, député La France insoumise de Haute-Vienne, exprime son émotion auprès de LCP. "C'est un acte extrêmement blessant", déclare le parlementaire, qui évoque "150 ans d'histoire" et apporte sa solidarité "aux agents, aux élus et au maire". Il souhaite désormais "que la justice puisse faire son travail".
Présent au début de la manifestation du 17 octobre, l'élu insoumis décrit une mobilisation réunissant des étudiants, des agriculteurs, ou encore des médecins. "Au départ, tout s'est bien passé", assure-t-il. Ces manifestants "étaient là pour des raisons légitimes" et ont eux aussi été sidérés par cet incendie, "avec lequel ils n'ont rien à voir", souligne Damien Maudet.
Comment expliquer ces violences ? "Je suis dans une phase d'incompréhension", répond Damien Maudet, qui rapporte des témoignages évoquant la présence de personnes dont la présence est inhabituelle dans les cortèges, sans identifier les auteurs de l'incendie. "Je ne pense pas qu'il y ait une colère contre la municipalité", estime-t-il.
Le maire de Limoges, Guillaume Guérin (Les Républicains), condamne lui des faits "inacceptables" et "honteux", selon des propos rapportés par Le Populaire du Centre. Et ils dénonce "le comportement de la France insoumise", ainsi que la présence de deux parlementaires LFI au début de la manifestation, accusant certains élus de légitimer la violence.
De son côté, Damien Maudet refuse que la responsabilité de son mouvement soit mise en cause. Selon lui, le maire de Limoges cherche à rendre LFI responsable des événements. "Je ne peux pas laisser faire ça. On appelle à la non-violence", réplique-t-il, en rappelant que d'autres organisations de gauche participaient à la mobilisation.
À ses yeux, ce drame ne doit pas alimenter des "querelles politiciennes". L'urgence est de "rassurer les Limougeauds, soutenir les agents, assurer la continuité du service public". Sur les responsabilités de cet incendie, il se garde cependant de juger le dispositif de sécurité : "Je ne sais pas si tout était calibré (...) mais tout le monde a été débordé."
Selon le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges a été déclenché volontairement et l’intérieur de la partie historique du bâtiment est "quasi 100% détruit", tandis que l’aile moderne a pu être préservée. Selon le récit du Populaire du Centre, le feu a démarré dans l’aile est, où se trouve la salle du conseil municipal, avant de gagner la toiture. Vers 20h30, le campanile et le toit se sont effondrés. Une enquête pour "destruction d’un bien par moyen dangereux en bande organisée" a été ouverte et ce dimanche matin, 17 personnes, dont sept mineurs, sont en garde à vue, selon le parquet.
Désormais, le député Damien Maudet attend désormais que l'État confirme que "Limoges ne va pas rester seule". Il réclame des engagements financiers pour faire face aux conséquences de l'incendie et annonce vouloir porter cette demande avec sa collègue Manon Meunier, également députée LFI de Haute-Vienne.
Au-delà, il met en cause une "responsabilité globale du gouvernement", dénonçant l'absence de réponse politique aux mouvements sociaux. Il précise toutefois ne pas attribuer ce mobile aux auteurs de l'incendie. Et demande des réponses pour les manifestants venus "sans dégrader quoi que ce soit".