A Euronaval, Marine Le Pen plaide pour davantage de frégates dans la flotte française

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Marine Le Pen à Euronaval, le 5 novembre 2011
Marine Le Pen à Euronaval, le 5 novembre 2011
par Raphaël Marchal, le Jeudi 5 novembre 2026 à 22:58

La candidate du Rassemblement national s'est rendue au salon Euronaval, ce jeudi 5 novembre, pour afficher son soutien aux industriels du secteur. Marine Le Pen doit dévoiler prochainement ses propositions en vue de l'élection présidentielle.

C'est entourée de nombreuses troupes que Marine Le Pen a débarqué ce jeudi au salon Euronaval de Villepinte (Seine-Saint-Denis), consacré à l'industrie navale de défense. Une grosse douzaine de parlementaires avait fait le déplacement avec la candidate du Rassemblement national à l'élection présidentielle, dont plusieurs membres siégeant en commission de la défense nationale, à l'image des députés Laurent Jacobelli, Laure Lavalette ou Julien Limongi, ou du sénateur Frank Giletti.

La brigade entourant Marine Le Pen comportait aussi des représentants de l'Union des droites pour la République (UDR), l'allié du RN allant sur les sujets de patriotisme économique et de défense des secteurs industriels stratégiques. Le président de l'UDR, Éric Ciotti, a ainsi découvert aux côtés de Marine Le Pen la maquette représentant le futur porte-avions France Libre de nouvelle génération, et a pu embarquer dans le cockpit d'un hélicoptère Airbus positionné dans les travées du salon. Sous les yeux de plusieurs députés de son groupe, dont Gérault Verny, Antoine Valentin, Matthieu Bloch ou encore Olivier Fayssat.

Alseamar, Dassault aviation, Naval groupe, MBDA, Airbus... Marine Le Pen s'est longuement arrêtée sur plusieurs stands, devisant avec les industriels de défense, s'enquérant d'un point technique ou d'éventuels freins au secteur, passant à l'occasion un casque de réalité augmentée de la société Shift 89. "Ce salon est important pour la souveraineté de la France, parce que notre BITD [Base industrielle et technologique de défense, NDLR] navale fait l'admiration de beaucoup de pays", a expliqué la candidate à la présidentielle.

Des enjeux et des défis

Alors qu'elle n'a pas encore présenté son programme détaillé à la présidentielle, Marine Le Pen n'a pas levé le voile sur ses futures propositions en matière de défense. Celle qui aspire à l'Élysée a listé les "enjeux extrêmement importants", évoquant la protection du "deuxième domaine maritime du monde" et tout ce qui va avec : lutte contre l'immigration clandestine, notamment à Mayotte, lutte contre le narcotrafic, ou encore surveillance des câbles sous-marins.

Elle a également relevé les "défis à surmonter", que ce soit en matière de dronisation ou pour trouver suffisamment de personnels et les fidéliser. Marine Le Pen a par ailleurs jugé qu'il faudrait idéalement augmenter le nombre de frégates dont dispose actuellement la marine nationale, tout en rappelant les contraintes budgétaires actuelles. "Nous avons une centaine de bâtiments de manière globale, ce n'est sans doute pas suffisant. On dit souvent 'tout ce qui n'est pas protégé est pillé'. je crois qu'on est pillé."

La candidate du RN a redit qu'elle était favorable à quitter le commandement intégré de l'Otan, à terme. "Il faut être cohérent. J'entends tous ces responsables qui veulent faire un Otan bis [au niveau européen], et qui veulent rester dans le commandement intégré de l'Otan. Je trouve ça un peu contradictoire", a-t-elle développé. "Mais Édouard Philippe aura l'occasion de s'en expliquer", a-t-elle cinglé, alors que son concurrent du groupe Horizons, de passage dans le salon quelques heures plus tôt, l'avait tancée sur ce point.

Se faisant plus poétique parmi les armes et maquettes réduites de bâtiments navals, Marine Le Pen a cité Richelieu, homme d'État ayant joué un rôle majeur dans la fabrication de la puissance navale française au début du XVIIe siècle : "'Les larmes de nos souverains ont souvent le goût salé de la mer qu'ils ont ignorée'. On va essayer de pas ignorer la mer", a-t-elle lancé. "La France ne doit pas se recroqueviller dans une vision continentale, alors qu'elle est une nation mondiale."

Raphaël Marchal, à Villepinte