Après l'hommage rendu par l'Assemblée aux victimes de l'attentat de Trappes, le maire fait part de sa "frustration" et de sa "colère"

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Ali Rabeh à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 2026
Le maire de Trappes Ali Rabeh à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mardi 27 octobre 2026 à 21:25, mis à jour le Mardi 27 octobre 2026 à 21:35

Lors d'une conférence de presse, le maire de Trappes, Ali Rabeh, a fait part de sa "frustration" et de sa "colère" au sujet de la séance qui a suivi l'hommage rendu par l'Assemblée nationale aux victimes de l'attentat raciste survenu vendredi dernier. L'élu, qui était présent dans les tribunes du Palais-Bourbon ce mardi 27 octobre, a notamment déploré "l'absence éloquente de Marine Le Pen" et "une forme d'indécence" dans certains propos tenus par le Premier ministre.

Il retiendra "cette minute de silence solennelle où pendant un instant au moins, la représentation nationale a été unie pour reconnaître la gravité du moment". Si le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a salué l'initiative de l'Assemblée nationale de rendre hommage à Pengo Bossio Wangi, victime de l'attentat terroriste raciste qui a frappé sa ville et celle de La Verrière la semaine dernière, il aussi fait part de sa "frustration", de sa "déception" et de sa "colère", à l'issue de la séance des questions au gouvernement au cours de laquelle cet hommage a eu lieu. 

Lors d'une conférence de presse organisée au Palais-Bourbon par le groupe Écologiste et Social, Ali Rabeh a notamment pointé "l'absence éloquente de Marine Le Pen, la candidate du parti d'extrême droite qui n'a manifestement pas réussi à soutenir le regard de la famille de Pengo". Il a également déploré le fait que la ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, "ne trouve pas la force de regretter ses propos tenus sur un plateau télé où elle considérait que la théorie du grand remplacement était une théorie légitime qui méritait débat". Et le maire de Trappes de se dire enfin "surpris" que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, ait "évoqué le cas de Quentin Deranque", dénonçant "une forme d'indécence à renvoyer dos à dos ultra droite et ultra gauche, alors que le discours de l'extrême droite vient d'armer la main d'un terroriste qui a tenté de faire des dizaines de morts". 

"Assainir" l'Assemblée nationale

S'attachant à dénoncer plus particulièrement la place qui est celle du Rassemblement national au Palais-Bourbon, Ali Rabeh a estimé que "les digues ont sauté successivement" avant de juger nécessaire, dans "les mois et les années à venir", de "se donner les moyens d'assainir cette institution". Il a notamment déploré le fait que "depuis dix ans, les rangs de l'extrême droite se [soient] considérablement garnis, passant de 8 députés à près de 90 aujourd'hui" et que "deux vice-présidents [soient] issus des rangs du Rassemblement national". Ajoutant : "Il n'y a pas, je crois, dans cette Assemblée, de représentants d'autres idéologies qui font des morts."

Et l'élu de Trappes d'appeler à la reconstitution d'un "cordon sanitaire" au sein même de l'Assemblée nationale. "Pas grand chose ne changera au sein de cet hémicycle dans sa configuration actuelle", a estimé estimé Ali Rabeh. Évoquant une "dangerosité de l'extrême droite qui est singulière, qui ne se compare à aucune autre", il a espéré que la campagne pour l'élection présidentielle soit l'occasion d'une "prise de conscience collective".