Alors que des actions de blocage de lycées ont lieu en Île-de-France depuis une semaine, le candidat de La France insoumise à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, accuse le gouvernement d'avoir "ordonné la répression", tandis que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, reproche à LFI "mettre en danger des élèves" en "appelant à étendre le mouvement" de blocus.
Le mouvement lycéen va-t-il s'inviter dans la campagne présidentielle ? Ce lundi 28 septembre, un bras de fer s'installe en tout cas entre Jean-Luc Mélenchon et le gouvernement. Ce matin, le candidat de La France insoumise a appellé sur X les "élus et militants insoumis" à "s'interpose[r] partout où vous le pouvez" entre les élèves et les forces de l'ordre, quand celles-ci interviendront dans le cadre d'un blocus lycéen.
Depuis la semaine dernière, plusieurs établissements font l'objet d'actions de blocage : le mouvement pourrait prendre de l'ampleur, puisque l'union syndicale lycéenne (USL) appelle à bloquer ce mardi les lycées, pour dénoncer un "manque de professeurs et de personnels", des "lycées délabrés", des "emplois du temps et classes surchargés", ou encore le "stress engendré par Parcoursup".
La contestation est soutenue par plusieurs membres de La France insoumise : "Le mouvement lycéen doit s'étendre", a notamment écrit vendredi sur X le député LFI Louis Boyard. L'élu du Val-de-Marne s'est notamment déplacé dans un lycée de Créteil, partageant sur ses réseaux sociaux plusieurs séquences avec des élèves. D'autres vidéos sur X le montrent accueilli par des lycéens enthousiastes, tandis que le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a été filmé, ce lundi, porté en triomphe par une foule d'élèves.
Une attitude dénoncée par Sébastien Lecornu : "L'école de la République n'est pas un terrain de jeu partisan", a écrit sur X le Premier ministre, accusant en substance La France insoumise de "mettre en danger des élèves". Sébastien Lecornu, qui dénonce la "surenchère irresponsable" des insoumis, affirme qu'instrumentaliser la colère" des lycéens "à des fins partisanes est une faute". "Le devoir d’un élu de la République est de protéger les jeunes et d’appeler au calme", écrit encore le Premier ministre.
Face à la contestation, le gouvernement a adressé samedi une circulaire aux préfets, recteurs et directeurs d'académie dans laquelle il explique que, depuis le 18 septembre, des "tentatives de blocages visant les lycées" ont "donné lieu à des violences inadmissibles à l'encontre des personnes de l'Éducation nationale et des forces de l'ordre ainsi qu'à des dégradations". Un message réitéré ce lundi Sébastien Lecornu, dans son post sur X : "Tirs de mortiers, incendies, violences aux abords des lycées : rien ne justifie de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers", souligne-t-il.
Interrogé ce matin sur RMC, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a aussi dénoncé l'action de "personnes violentes qui arrivent cagoulées avec palettes et matelas et qui poussent les lycéens à se mobiliser de manière violente". Dans sa circulaire aux préfets, le gouvernement prévient qu'en cas de "blocage total", l'intervention des forces de l'ordre "devra être engagée après concertation avec le chef d'établissement". Dans ce contexte, Édouard Geffray dénonce "une forme d'irresponsabilité" de la part députés LFI, comme Éric Coquerel et Clémence Guetté, qui "incitent à généraliser le blocage".
"Les lycéens en mouvement sont inoffensifs" a donc, quant à lui, réagit ce lundi sur X Jean-Luc Mélenchon. Le candidat insoumis à l'élection présidentielle met en cause le gouvernement de Sébastien Lecornu, qui a selon lui "ordonné la répression" : "Cette férocité est irresponsable avec un arrière-goût raciste évident (...) Élus et militants insoumis interposez-vous partout où vous le pouvez", écrit l'ancien député des Bouches-du-Rhône.
"Les macronistes veulent répondre à la matraque. Nous ne le permettrons pas", affirme pour sa part la vice-présidente LFI de l'Assemblée nationale, Clémence Guetté. "Les images de violences policières qui nous parviennent sont insupportables ! Nous ne les avons jamais vu dans les établissements du centre de Paris", renchérit son collègue député Paul Vannier, qui fustige "le racisme et la haine de classe qui inspirent la répression gouvernementale".
"Cette manipulation et instrumentalisation de notre jeunesse est inacceptable. Elle doit être dénoncée", a de son côté répondu Gabriel Attal à Jean-Luc Mélenchon. Le président des députés Ensemble pour la République et candidat à l'élection présidentielle, estime que "les blocages de lycées révèlent le vrai visage de LFI : le culte du désordre et l'obsession de la violence". "Si les lycéens manifestent aujourd’hui, c’est parce qu’en raison de votre politique, leurs établissements ne disposent pas des moyens nécessaires pour leur garantir de bonnes conditions d’études" a, à son tour, répondu le député et coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard.