Budget 2027: "Les plus modestes continuent de payer pour les plus riches", dénoncent les socialistes

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Boris Vallaud à la tribune de l'Assemblée nationale, le 14 janvier 2025
Boris Vallaud à la tribune de l'Assemblée nationale, le 14 janvier 2025 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Vendredi 2 octobre 2026 à 17:43

Les présidents des groupes parlementaires socialistes, Boris Vallaud et Patrick Kanner, ainsi que la première secrétaire déléguée du PS Johanna Rolland, appellent Sébastien Lecornu à modifier "sans délai" son projet de budget 2027. Tout en se disant eux-mêmes toujours mus par une "volonté de compromis", ils alertent le Premier ministre contre une "faute politique et morale" s'il venait à se tourner vers le Rassemblement national.

"La sincérité nous conduit à vous dire qu’en l’état, ce budget n’est pas acceptable pour nous". Au lendemain de la présentation du projet de loi de finances pour 2027, dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, les cocialistes haussent le ton vis-à-vis du gouvernement.

Partant du principe que "la situation économique, sociale et budgétaire de la France est grave", et qu'il s'avère nécessaire de "réduire notre charge de la dette pour rester souverains et préparer l’avenir", le président du groupe Socialistes à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, son homologue au Sénat, Patrick Kanner, et la Première secrétaire déléguée du PS Johanna Rolland estiment d'une même voix que ce redressement ne peut se faire à n'importe quel prix.

"Notre volonté de compromis demeure entière"

Pour les cadres socialistes, l'objectif visant à contenir la dette publique ne saurait ainsi se traduire "par un budget où les plus modestes continuent de payer pour les plus riches". Accusant le gouvernement de faire peser les économies sur les classes moyennes et populaires, ils estiment qu'"en miroir, la contribution des grandes entreprises est réduite, les superprofits et marges excessives des pétroliers sont préservés et la transmission des super-héritages facilitée". Assurant être toujours animés d'une "volonté de compromis", les socialistes indiquent que celle-ci ne pourra s'exercer qu'en cas d'infléchissement majeur de son budget par le gouvernement.

Vous avez fait le choix de faire peser la quasi-totalité de l’effort d’économies sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires, actifs comme retraités, en affligeant particulièrement les malades. Boris Vallaud, Patrick Kanner, Johanna Rolland

Estimant qu'en l'état, le texte "est perclus de mesures au rendement budgétaire marginal mais à la charge symbolique majeure, servant la bataille culturelle de l’extrême droite, en acceptant notamment l’introduction de la préférence nationale dans l’attribution de certaines prestations sociales", les cadres du parti à la rose réclament, avant l'examen du texte en séance, le dépôt d’une lettre rectificative du gouvernement, afin qu'il montre sa volonté "de chercher dialogue et apaisement". À défaut, ils préviennent que le gouvernement rendrait "de fait impossible" l’adoption du budget, sauf à se tourner, "même passivement, vers le Rassemblement national". "Il s’agirait là d’une faute politique et morale à quelques mois de l’élection présidentielle", concluent les Socialistes.