Budget de la Sécu: l'Assemblée vote pour l'interdiction de l'hexane dans les produits alimentaires

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Benoît Biteau dans l'hémicycle, le 21 octobre 2026
Benoît Biteau dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 21 octobre 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 21 octobre 2026 à 21:22, mis à jour le Mercredi 21 octobre 2026 à 22:10

Alors que l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale se poursuit à l'Assemblée nationale, les députés ont adopté, ce mercredi 21 octobre au soir, un amendement de Benoît Biteau (Écologiste et Social) visant à interdire l'hexane dans l'industrie agro-alimentaire à compter du 1er janvier 2027. Présent dans les huiles issues de graines oléganineuses, ce solvant est un neurotoxique avéré, en plus d'être suspecté d’être un perturbateur endocrinien.

"Le principe de précaution exige que nous nous séparions de l'hexane dans notre alimentation". C'est ainsi que Benoît Biteau (Écologiste et Social) a justifié son amendement, défendu ce mercredi dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, visant à interdire la présence de ce solvant dans l'industrie agro-alimentaire. 

Issu du raffinage du pétrole et du gaz, l'hexane s’est imposé depuis les années 1950 comme le procédé industriel privilégié pour extraire l’huile issue des graines oléagineuses comme le soja, le tournesol, le colza ou encore l'arachide, ainsi que pour produire les tourteaux destinés à l’alimentation animale. Et comme l'a rappelé Benoît Biteau, l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) classe, depuis décembre 2025, l’hexane comme substance "extrêmement préoccupante". Neurotoxique avéré, l'hexane serait également susceptible de nuire à la fertilité. Il est, en outre, suspecté d’être un perturbateur endocrinien et de favoriser des pathologies neuro-dégénératives telles que la maladie de Parkinson.

Un "facteur de risque évitable"

"Sur ce sujet, la science a parlé", a aussi fait valoir Richard Ramos (Les Démocrates) en soutien de l'amendement. Ce dernier avait mené une mission d'information parlementaire sur l'incidence de l’utilisation d’hydrocarbures dans la production d’huiles alimentaires, dont le rapport a été rendu en janvier 2026. "Je trouve que c'est très grave, le gouvernement ne fait pas son travail dans la protection de ceux qui demain vont avoir Parkinson", a lancé le député à l'endroit du ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et du rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin (Droite républicaine). Ce dernier avait estimé qu'en l'état actuel de la connaissance scientifique, les problèmes sanitaires n'étaient avérés que dans le cadre d'une exposition répétée et prolongée, ajoutant par ailleurs qu'une éventuelle interdiction ne relevait pas du PLFSS. 

"Nous ne pouvons pas demander toujours plus d'efforts à notre système de santé sans agir sur les facteurs de risque évitables", a pour sa part considéré Benoît Biteau, dont l'amendement interdit à compter du 1er janvier 2027 le recours à l’hexane dans les procédés de fabrication des denrées alimentaires et de certains aliments pour animaux destinés à l’alimentation humaine. Il instaure également, pour les industriels qui continueraient à faire usage de l'hexane, une contribution de 10 % sur leur chiffre d’affaires, le produit de cette contribution étant affecté à la Caisse nationale de l’assurance maladie.

L'amendement a été adopté par 60 voix "pour" et 56 "contre", une partie des députés du bloc central ayant joint leurs voix à celles de la gauche. Ce vote n'a cependant rien de définitif, car tout dépendra de la version finale du budget de la Sécu, qui est encore loin d'être connue.