Carburants, lycéens, budget... Ce qu'il faut retenir de l'allocution de Sébastien Lecornu

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Sébastien Lecornu
Sébastien Lecornu lors de son allocution télévisée, le 7 octobre 2026.
par LCP.fr, le Mercredi 7 octobre 2026 à 20:05, mis à jour le Mercredi 7 octobre 2026 à 20:30

Lors d'une allocution télévisée prononcée depuis Matignon en fin de journée, ce mercredi 7 octobre, le Premier ministre a évoqué "les crises [qui] se succèdent", auxquelles il a tenté de répondre, annonçant notamment que "le chèque énergie sera versé dès janvier aux ménages les plus modestes" et que la libération de dix millions de barils permettra de faire "baisser les prix à la pompe (...) entre 12 et 18 centimes par litre de gazole". 

"Les crises se succèdent. Je comprends la fatigue de celles et ceux qui ont le sentiment qu’à peine une difficulté surmontée, une autre se présente." C'est avec ces mots que, le visage grave, Sébastien Lecornu a commencé son allocution. "Cette réalité, beaucoup de pays européens la connaissent. Elle fait naître beaucoup d’inquiétudes. Nous sommes dans une situation difficile, mais nous ne sommes pas pour autant sans réponse", a cependant immédiatement ajouté le Premier ministre, qui a pris la parole depuis Matignon ce mercredi soir. 

Sur la mobilisation lycéenne

Les forces de l'ordre "n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens", a d'abord assuré Sébastien Lecornu, à la veille d'une nouvelle journée d'action prévue jeudi. "La colère des jeunes ne vient pas de nulle part. Nul ne peut être indifférent aux angoisses qu'ils expriment", a-t-il déclaré, réaffirmant que "les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre" afin de répondre à la crise.

Sébastien Lecornu a également indiqué que "les temps de dialogue engagés" se poursuivraient "à partir de demain, dans chaque lycée et jusqu'à la semaine prochaine", et que la plateforme de dialogue ouverte par le ministère de l’Éducation avait déjà recueilli plus de 40.000 contributions.

Sur les prix de l'énergie

Sur le dossier énergétique, il a annoncé que le gouvernement allait mettre "dix millions de barils de gazole issus de nos stocks à la disposition des distributeurs en France", assurant que cette mesure fera baisser le prix de ce carburant. "Le gazole concerné a été acheté avant la flambée des cours et sera mis à disposition au prix de revient [et] permettra mécaniquement de baisser les prix à la pompe dans un ordre de grandeur évalué entre 12 et 18 centimes par litre de gazole", a affirmé Sébastien Lecornu.

Après avoir rappelé que le gouvernement a "renforcé l’aide aux grands rouleurs et les soutiens aux professions les plus exposées : les agriculteurs, le secteur du bâtiment, les pêcheurs, les aides à domicile et les infirmiers libéraux", le locataire de Matignon a aussi annoncé que "le chèque énergie sera versé dès janvier, et non plus au printemps, aux ménages les plus modestes". 

Il a, par ailleurs, estimé que le prix de l'électricité "ne d[evai]t pas augmenter cet hiver". "J'y reviendrai prochainement et je demande par ailleurs à EDF de mobiliser au maximum ses capacités de production, dans le respect des exigences de sûreté", a précisé Sébastien Lecornu.

Un objectif réaffirmé de déficit à 5% 

En matière de finances publiques, "le budget que nous proposons porte un effort de redressement de 54 milliards d’euros. Pour l’activité, l’emploi et le pouvoir d’achat, nous avons fait le choix de la stabilité fiscale. Cela suppose que l’État montre l’exemple : il s’impose l’objectif le plus strict et le plus exigeant depuis de nombreuses années", a déclaré le Premier ministre, redisant que son objectif était de ramener le déficit public du pays en 2027 à 5% du produit intérieur brut, après un dérapage à 5,4% en 2026.

"Je suis convaincu que le Parlement permettra à la France d’avoir un budget. L’opposition a le droit de contester. Le texte peut être discuté, amendé, modifié ligne à ligne. Mais c’est la responsabilité du Parlement de donner un budget au pays", a considéré Sébastien Lecornu alors que l'examen du projet de loi de finances pour 2027 a débuté en commission à l'Assemblée nationale. Et d'appeler "au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires". 

(Ludovic Fau, avec AFP)