"Il n’y a pas d’autre issue que sa démission": Laurent Nuñez sous le feu des critiques après les violences du 17 octobre

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Laurent Nunez, le 5 octobre 2026.
Laurent Nunez, le 5 octobre 2026. LCP
par Ivan Valerio, le Dimanche 18 octobre 2026 à 11:05, mis à jour le Dimanche 18 octobre 2026 à 11:41

Au lendemain des violences qui ont marqué les manifestations du 17 octobre, plusieurs responsables politiques, de LFI au RN, réclament le départ de Laurent Nuñez. Accusé d’avoir sous estimé l’ampleur du mouvement, le ministre de l’Intérieur est aussi interpellé sur les consignes données aux forces de l’ordre.

Des appels à la démission et des demandes d’explications. C'est dans un contexte très tendu que Laurent Nuñez défend, ce dimanche matin, l'action des forces de l'ordre, au lendemain de la journée de mobilisation du samedi 17 octobre contre la vie chère, marquée par des violences et des attaques contre des bâtiments publics dans plusieurs villes de France. 

Au sein des oppositions, plusieurs responsables politiques rende le ministre de l'intérieur responsable de la situation. Si de La France insoumise au Rassemblement national, des élus réclament le départ de Laurent Nuñez, la nature des accusations diffèrent. Les premiers dénoncent principalement un dispositif inadapté et des violences contre des manifestants pacifiques, tandis que les seconds mettent en cause son incapacité à faire face aux débordements.

"Il n’y a pas d’autre issue à cette journée du 17 octobre que sa démission", estime Marine Tondelier. La secrétaire nationale des Écologistes dénonce un "désastre absolu", accusant le ministre d’avoir laissé "des villes entières abandonnées aux casseurs pendant que des manifestants pacifiques étaient violentés". Elle lui reproche également une "répression indiscriminée" et juge qu’il a "clairement sous-estimé l’ampleur" de la mobilisation.

Plusieurs élus de La France insoumise réclament, eux aussi, son départ. "Ça suffit cette doctrine du maintien de l’ordre qui n’est que sauvagerie. Le ministre Nuñez doit démissionner", écrit le député insoumis Éric Coquerel sur X. Sa collègue Danièle Obono étend cette demande au Premier ministre : "Nuñez, Lecornu : démission !"

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Au cœur des critiques de LFI figure l’anticipation de la journée et le schéma de maintien de l'ordre élaboré par le ministère de l'Intérieur. "L’impréparation du gouvernement est totale", dénonce ainsi le député Antoine Léaument. Selon lui, les services de renseignement prévoyaient un peu plus de 100 000 manifestants dans toute la France, une estimation qu’il oppose à une participation cinq fois supérieure, d’après les chiffres qu’il attribue à Laurent Nuñez.

Au RN, un ministre jugé "dépassé"

Les appels au départ du ministre viennent également du Rassemblement national. Le député Franck Allisio juge Laurent Nuñez "complètement dépassé et incompétent face à cet ensauvagement", estimant qu’il aurait dû démissionner. Sa collègue Laure Lavalette formule la même exigence dans un message publié dimanche matin: "Nous sommes le 18 octobre, il est 10h52 et Laurent Nuñez n’a toujours pas démissionné."

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Ces critiques interviennent après une journée dont le bilan provisoire communiqué ce dimanche matin par l’exécutif fait état de 1 800 interpellations dans toute la France et de 500 policiers et gendarmes blessés. À Limoges, l’hôtel de ville a été en grande partie détruit par un incendie.

"La République ne cédera rien", défend Laurent Nuñez

D’autres responsables demandent des comptes sur l’organisation des forces de sécurité, sans réclamer à ce stade la démission du ministre. "Je veux savoir quels ordres ont été donnés", insiste le maire de Marseille, Benoît Payan, dont l’hôtel de ville a été envahi. Dans un entretien au Parisien, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, dénonce les "casseurs", mais demande également une modification de "la doctrine de maintien de l’ordre". "C’est la désescalade qui doit être recherchée, pas la confrontation", estime-t-il. 

De son côté, Laurent Nuñez apporte son "total soutien" aux policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers intervenus "dans des conditions extrêmes". "Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n’en est pas un", souligne le ministre de l’Intérieur.

Il attribue les premières exactions à "plusieurs milliers d’individus d’ultra gauche", rejoints ensuite, selon lui, par des délinquants venus piller des commerces. Des enquêtes sont en cours pour identifier les auteurs, précise-t-il, sans répondre directement aux appels à sa démission. "La République ne cédera rien à ceux qui veulent imposer le désordre et la violence." C’est dans ce contexte que Laurent Nuñez doit se rendre à Marseille demain, lundi.