Pour répondre au "grand désarroi" de la jeunesse, l'ancienne Première ministre Elisabeth Borne propose ce mercredi, dans Le Parisien, "allocation temporaire de l'ordre de 500 euros par mois, jusqu'à un an, pour tout jeune diplômé en difficulté, sous conditions de ressources et de recherche active d'emploi".
Pour Elisabeth Borne, "il faut totalement revoir le contrat entre la nation et la jeunesse". Dans Le Parisien ce mercredi 4 novembre, l'ancienne Première ministre revient sur la mobilisation lycéenne et étudiante de ces dernières semaines. Si elle juge que les mesures annoncées par le gouvernement "vont dans le bon sens", la députée affirme que, avec une élection présidentielle prévue dans moins de six mois, l'exécutif "ne peut porter des transformations structurelles".
Face à la situation critique de la jeunesse en France, l'élue du Calvados – qui dit "avoir des idées à porter au débat" – fait donc ses propres propositions. Parmi elles, l'idée d'une "allocation temporaire de l'ordre de 500 euros par mois, jusqu'à un an, pour tout jeune diplômé en difficulté, sous conditions de ressources et de recherche active d'emploi". Elle pourrait aussi s'accompagner d'un "maintien de droits étudiants, comme l'accès à un restaurant universitaire".
La raison? "On ne doit plus se contenter de donner un diplôme, mais accompagner les jeunes jusqu'à leur insertion dans la vie professionnelle", estime Elisabeth Borne, qui ajoute : "Aujourd’hui, quand vous avez votre diplôme, vous n’avez ni bourse ni revenu. Il faut donc sécuriser ces jeunes dans cette période."
Elle propose également de "leur donner la possibilité de reprendre une formation, notamment après le premier emploi", via notamment le compte personnel de formation (CPF). Et ce, pour "compléter les compétences initiales".
Interrogée sur la manière de financer ces mesures, alors que la situation budgétaire de la France est critique, l'ancienne locataire de Matignon regrette que les responsables politiques "préfèrent laisser filer les dépenses de santé et de retraites, au détriment de la nouvelle génération" et évoque "un projet global de la nation" à l'intention de cette dernière. "La jeunesse a raison de nous alerter. (...) Il faut entendre leurs revendications", poursuit-elle.
Si Elisabeth Borne affirme que ce "grand désarroi" de la jeunesse ne date pas d'aujourd'hui, l'ancienne Première ministre estime toutefois que "l'interdiction brutale" du téléphone portable au lycée a été "une mesure déclencheuse" de la situation actuelle et qu'elle "mérite d'être interrogée".