Les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés d'interdiction de manifester vendredi aux abords des lycées fermés ce jour-là, en réponse à un mouvement de blocage des établissements émaillé de violences. Le mouvement de contestation devrait toutefois se poursuivre.
Pas moins de 400 établissements scolaires auront porte close ce vendredi. Il s'agit des lycées dans lesquels les "conditions d'accueil ne sont plus réunies", soit en raison de dégradations, soit parce que des personnels éducatifs ont été menacés, a annoncé le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, sur France 2, ce jeudi soir.
En outre, les rassemblements seront interdits à proximité des établissements fermés. Les préfets ont pris jeudi soir des arrêtés en ce sens. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a interdit les rassemblements aux abords de treize lycées parisiens fermés vendredi, dont les noms ont été énumérés dans l'arrêté. Dans tous les départements, la même consigne a été donnée, a fait savoir le ministère de l'Intérieur.
Le mouvement de blocage des lycéens et des étudiants, qui s'est enflammé jeudi dans plusieurs grandes villes de France, devrait se poursuivre vendredi, le gouvernement espérant l'apaisement après avoir condamné des "violences urbaines". À sept mois de la présidentielle, dans un climat social et politique électrique, cette mobilisation est plus que sensible.
Au total, près de 2 000 personnes ont été interpellées jeudi en France, a annoncé le ministère de l'Intérieur, lors de l'acte II de ce mouvement de la jeunesse, qui réclame davantage de moyens pour l’Éducation nationale. 90 % sont des mineurs, a précisé ce vendredi le garde des Sceaux, Gérald Darmanin sur RTL. Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a réuni jeudi soir les préfets, directeurs de la police et de la gendarmerie et responsables des services de renseignement. Il a dénoncé "une aggravation de la situation qui n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines".
Selon les services du Premier ministre, ce serait une "manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultra-gauche". À la suite de ces accusations, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a reproché à Matignon de "sombrer dans le complotisme". Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a jugé de son côté que "le mouvement lycéen est pris en otage par des groupuscules ultra-violents".
Édouard Geffray a aussi annoncé qu'il recevrait vendredi les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d’élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne. Son "objectif", a-t-il précisé sur X : "faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l’école".
Au total jeudi, "1 027 établissements", sur environ 3 700 lycées en France, "ont été concernés par le mouvement lycéen, dont 222 blocages", selon le ministère de l'Intérieur. Les étudiants ont rejoint le mouvement, avec une trentaine de campus bloqués. Les organisations appellent à une poursuite du mouvement, avant une grande manifestation mardi.
(Avec AFP)