Les violences en marge des manifestations contre la vie chère, samedi 17 octobre, ont provoqué de vives réactions politiques. Sébastien Lecornu promet la fermeté, la droite et le RN soutiennent les policiers et dénoncent les casseurs. À gauche, plusieurs responsables critiquent le maintien de l’ordre et défendent les revendications des manifestants.
Après les affrontements et les pillages survenus dans plusieurs villes de France, samedi 17 octobre, Sébastien Lecornu affiche sa fermeté. "Les manifestations pacifiques ont toute leur place dans notre République. Les incendies, les pillages et les attaques n’en ont aucune", affirme le Premier ministre, qui accuse des "groupes d’ultragauche" d’avoir organisé les violences. "Nous ne nous laisserons pas intimider", lache-t-il.
La journée de mobilisation contre la vie chère, à l’appel notamment d’anciens gilets jaunes, mais aussi du mouvement lycéens et d'organisations syndicales, a été marquée par une importante mobilisation, près de 800 000 manifestants dans toute la France selon les organisateurs, mais aussi par des dégradations. Notamment à Paris, mais aussi dans les mairies de Marseille et de Lille, l’incendie d’une antenne de l’office du tourisme de Lyon et le saccage de la résidence officielle de la préfète de Gironde.
Après ces manifestations, et les images de violences qui les ont accompagnées, les réactions politiques n'ont pas manqué. A droite, on dénonce les violences et LFI est dans le viseur. A gauche, on souligne l'importance de la mobilisation et on accuse la doctrine du maintien de l'ordre de mettre de l'huile sur le feu.
Gabriel Attal dénonce, lui, des scènes de pillage "indignes" et une "provocation envers l’autorité de l’État". "Toutes les leçons de ces événements devront être tirées", estime-t-il. Édouard Philippe réclame que les auteurs des violences soient "tous pourchassés et punis avec une grande sévérité". Bruno Retailleau appelle à "la force implacable de l’État", affirmant que les agresseurs des forces de l’ordre "ne méritent rien d’autre que la prison".
Répondant à un message sur X de Jean-Luc Mélenchon, Sébastien Lecornu juge que "faire porter aux chefs de la police la responsabilité des violences, c’est une inversion dangereuse et cynique des responsabilités". "On ne peut pas appeler à cesser les violences tout en fournissant des excuses à ceux qui les commettent. C’est VOTRE responsabilité politique", lui lance-t-il directement.
Marine Le Pen estime que les "revendications sociales légitimes" ont été "prises en otage par l’extrême gauche". Elle accuse les troupes de Jean-Luc Mélenchon de légitimer la violence et de chercher à "précipiter le pays dans le chaos". Jordan Bardella présente, de son côté, les violences comme la "convergence d’un terrorisme d’ultra-gauche et de populations délinquantes de banlieue". Se projetant vers mai 2027, il promet notamment la suspension des allocations familiales des délinquants récidivistes et l’application du principe de "casseur-payeur".
Éric Ciotti voit dans les dégradations de la mairie de Marseille le symbole d’un "effondrement de la République". Il annonce également que des députés UDR et RN vont saisir la justice au sujet d’une mise en scène qu’il dénonce comme une menace contre Marine Le Pen.
À gauche, Jean-Luc Mélenchon met en cause la conduite des opérations policières. "Dans Paris, le commandement aberrant a ouvert la porte au chaos", accuse-t-il, dénonçant des décisions qui auraient provoqué la dispersion des cortèges.
Le dirigeant insoumis appelle néanmoins ses soutiens à se tenir à l’écart des dégradations : "Ceux qui partagent notre combat n’ont rien à faire dans le pillage, le saccage." Manuel Bompard accuse également le gouvernement de chercher "le désordre plutôt que de répondre aux revendications". Il dénonce une couverture télévisée qui, selon lui, occulte l’ampleur des cortèges au profit des images de violences.
Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, condamne pour sa part les violences "avec la plus grande fermeté" et appelle "au calme et à l’apaisement". Tout en exprimant son soutien aux personnes touchées et aux agents mobilisés, il rappelle "l’exigence démocratique d’entendre les colères et de permettre leur expression pacifique", alors que la ville de Paris est particulièrement touchée par les dégradations.