En visite à Marseille ce lundi 26 octobre, pour constater le "retour de l'ordre", le président de la République a annoncé suivre de près les mobilisation prévues le 31 octobre, puis le 5 novembre. Les parcours des manifestants seront établis hors des centres-villes, pour prévenir les dommages matériels. Emmanuel Macron a admis un "manque d'anticipation" du gouvernement, aux premières heures du conflit social.
"Je tenais à venir à Marseille pour être aux côtés de monsieur le maire". En visite lundi 26 octobre dans la deuxième ville de France, où il s'est notamment rendu à la mairie constater les dégâts occasionnés le 17 octobre, Emmanuel Macron s'est félicité du "retour de l'ordre" assuré dans un cadre "républicain" - c'est-à-dire, sans recours à l'état d'urgence.
Samedi dernier, le 24 octobre, "l'ordre a été tenu", a assuré le président de la République. Selon lui, "l'organisation et l'anticipation ont été là", contrairement au 17 octobre, où des forces de police qui n'étaient pas "dûment dimensionnées" se sont heurtées à des groupes plus rigoureux qu'à l'ordinaire, mobilisés tôt dans la journée. Il a admis l'impréparation du gouvernement, tout en appelant à développer un "goût pour l'avenir" plutôt que pour le passé.
Nous sommes humbles et concentrés Emmanuel Macron, au sujet de la posture du gouvernement face aux futures manifestations
Devant la mobilisation sociale annoncée le 31 octobre, le président se prépare à une journée "à risques". Pour prévenir les dégradations ou les pillages, il a demandé de suivre des tracés établis hors des centres-villes pour les cortèges, à l'image des parcours définis le 24 octobre. La mission première face au mouvement est de "tenir et protéger", a encore assuré le président de la République.
En outre, Emmanuel Macron a admis l'existence de "demandes légitimes" aux sources du conflit social, ouvert mi-septembre dans les lycées. Il a annoncé l'accompagnement des commercants et des artisans, rappellant le fonds mis en place pour les soutenir sur le plan financier, tout en assurant la présence de l'Etat auprès des collectivités "les plus touchées" le 17 octobre - dont la mairie de Marseille. Il a renvoyé aux ministres compétents de développer les mesures en direction des lycéens, communiquées le 26 octobre dans l'après-midi.
Le maire de la cité phocéenne, Benoît Payan, présent aux côtés du président, a quant à lui rappelé qu'il fallait une "sortie politique" au mouvement social. L'édile a pu répéter son attachement à la République et aux institutions représentatives. "Il n'y a pas, dans cette circonstance, de place pour de l'invective et des injures", a-t-il plaidé.
Les réseaux sociaux ont été particulièrement ciblés par le président de la République, pour leur rôle supposé dans les violences survenues le 17 octobre. Emmanuel Macron s'est ému de la "sidération", et de la "déréalisation de la violence" qu'ils produisent. "Est-ce que les réseaux sociaux jouent un rôle dans cette affaire ? À coup sûr".
Le président de la République a clôturé son propos sur une échéance imminente, qui pourrait permettre de solder le conflit social dans les urnes : "Nous sommes à six mois d'une élection présidentielle. C'est le moment du débat, pas de la violence".