À l'origine lancé pour protester contre la hausse du coût de la vie en général et les prix de l'essence en particulier, l'appel à mobilisations et manifestations pour ce samedi 17 octobre, devraient agréger plusieurs mécontentements, notamment celui des lycéens. Ce vendredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a dit s'attendre à "une mobilisation assez importante".
D'un éventuel retour d'un mouvement de type gilets jaunes à la mobilisation lycéenne, les appels à battre le pavé demain, samedi, pour dénoncer la "vie chère" et plus largement exprimer de nombreux mécontements, se sont multipliés. Sur France Inter ce vendredi, la patronne de la CGT, Sophie Binet, a estimé que cette journée d'action à venir démontrait "l'ampleur de la colère" qui gronde en France.
Lycéens et gilets jaunes donc, mais aussi sapeurs-pompiers, soignants, agriculteurs, chauffeurs de VTC, militants du climat... Le ministère de l'Intérieur s'attend à "une mobilisation assez importante" a dit, ce matin, Laurent Nuñez sur France 2, avec de multiples appels relayés sur les réseaux sociaux. Les revendications ne sont pas forcément les mêmes, mais "le point commun", "c'est de dire qu'il faut que le gouvernement prenne l'argent là où il est, dans les poches des milliardaires, des rentiers, des plus grandes entreprises", a affirmé Sophie Binet.
Au-delà des appels qui circulent depuis plusieurs semaines, le mouvement lycéen - qui dénonce le manque d'enseignants, les locaux dégradés, les effectifs des classe, ou encore le fonctionnement de la plateforme Parcoursup - semble désormais être l'un des catalyseurs de la mobilisation de demain. Hier encore, le mécontentement lycéen s'est exprimé sur le territoire, faute d'annonces de l'exécutif jugées suffisantes. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a depuis considéré que ce "mouvement lycéen" s'était transformé en un "mouvement de violences urbaines". Loin de s'éteindre, cette mobilisation a cependant infusé et s'est étendu aux étudiants et aux grandes écoles comme HEC, Normale sup' ou CentraleSupélec.
Des gilets jaunes devraient, quant à eux, faire leur retour dans les rues, excédés par l'explosion du prix des carburants, bientôt huit ans après leur première mobilisation de novembre 2018. Un appel avait été lancé dès septembre, mais il avait fait long feu. Cette fois-ci, des initiatives ont fleuri sur les réseaux sociaux et messageries cryptées, pour structurer le mouvement. Sur Telegram, il est question de quelque 1 000 points d'action, dont 500 manifestations, matérialisés sur des cartes interactives.
Des gilets jaunes historiques tentent, à cette occasion, de raviver la flamme, à l'image de Jérôme Rodrigues, éborgné par une grenade de désencerclement en 2019. Dans une vidéo postée sur X et vue 2,3 millions de fois, il appelle à la mobilisation générale. "Les gilets jaunes doivent être solidaires des lycéens", lance-t-il ainsi, ajoutant que "la mobilisation contre la vie chère doit rassembler tous ceux qui doivent vivre dignement."
Outre la CGT, plusieurs syndicats ont également annoncé leur participation, comme Solidaires et la Confédération paysanne. D'autres, comme la CFDT et FO, préfèrent se réserver en vue d'une mobilisation des salariés du public et du privé, prévue le 5 novembre prochain.