Raphaël Glucksmann candidat en 2027: une première historique pour le Parti socialiste depuis 1969

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Le Parti socialiste lors de son "campus d'été 2026". (Photo par ALAIN JOCARD / AFP)
Le Parti socialiste lors de son "campus d'été 2026". (Photo par ALAIN JOCARD / AFP)
par Ivan Valerio, le Dimanche 11 octobre 2026 à 19:49, mis à jour le Dimanche 11 octobre 2026 à 20:41

Avec la désignation de Raphaël Glucksmann comme candidat de la gauche sociale-démocrate, à l'issue de la primaire, le Parti socialiste apporte son soutien au candidat représentant de Place publique. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, est arrivé en deuxième position avec 14% des voix. 

C'est une primaire historique pour le Parti socialiste. Pas du fait de la participation, plus faible que par le passé, mais parce que la conclusion désigne Raphaël Glucksmann, le chef de file de Place publique, comme candidat soutenu par le Parti socialiste pour l'élection présidentielle. C'est la première fois depuis sa création, en 1969, que le parti de François Mitterrand n'aura pas de représentant issu de ses rangs sur la ligne de départ de la course à l'Élysée. 

Une donnée historique rapidement soulignée par Ségolène Royal, candidate malheureuse après cette primaire, arrivée troisième, avec moins de 10% des voix. "C'est la première fois que le PS n'a pas de candidat estampillé en tant que tel", a-t-elle fait remarquer dans sa première déclaration après l'annonce des résultats. "Je le regrette", a-t-elle ajouté. "Il faut compenser ça par un rassemblement à gauche, nous avons signé une charte qui prévoit un rassemblement à gauche, je veux que cet engagement soit respecté". 

Du côté des rangs insoumis, on n'hésite pas à entériner une "fin de parcours". "Le PS ne s’est pas remis des 1,75% d’Hidalgo. Il sort ce soir de la scène politique nationale en ne présentant pas de candidature issue de ses rangs à la présidentielle", a ainsi estimé sur X le député Paul Vannier (La France insoumise).

Un parallèle avec Mitterrand en 1965

Le Parti socialiste, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est né en 1969 des cendres de la SFIO, Section française de l’Internationale ouvrière, fondée au début du siècle autour de Jean Jaurès. Mais c’est surtout le congrès d’Épinay, en 1971, qui façonne le parti à la rose, qui a ensuite marqué la dernière partie du XXe siècle. François Mitterrand rejoint alors le PS et en prend la direction. 

En 1969, Gaston Defferre ouvre la voix et est le candidat de la SFIO à l'élection présidentielle, avant que François Mitterrand ne porte les couleurs du PS en 1974, puis en 1981 et 1988, avec deux victoires qui lui offrent deux septennats à l'Élysée. Lionel Jospin lui a succédé en 1995 et 2002, avant Ségolène Royal en 2007, puis François Hollande, élu président de la République en 2012. Plus récemment, Benoît Hamon en 2017 et Anne Hidalgo en 2022 ont représenté le parti à la présidentielle.

On peut toutefois remonter à 1965 pour retrouver une situation comparable à celle d'aujourd'hui. A l'époque, François Mitterrand est candidat à l'élection présidentielle sans appartenir à la SFIO, l'ancêtre du Parti socialiste. Il dirige alors la Convention des institutions républicaines (CIR), une formation politique de gauche, et bénéficie du soutien de la SFIO, mais aussi du Parti communiste français. Candidat unique de la gauche, il parvient à mettre le général de Gaulle en ballotage, avant de s'incliner au second tour.