À l'issue d'une importante journée de mobilisation, jeudi 5 novembre, Sébastien Lecornu a annoncé réunir les syndicats et le patronat à Matignon lundi prochain dans le cadre d'une "conférence sociale". Alors que le gouvernement a déjà fait part de sa volonté de donner un "coup de pouce" au Smic, que peut-on attendre vraiment de cette tentative de conciliation ?
La plus importante journée de mobilisation de l'automne. Tel est le constat dressé par les syndicats, comme par le ministère de l'Intérieur, à l'issue de la mobilisation du jeudi 5 novembre. Au total, selon les syndicats, 1,6 million de personnes ont défilé partout en France, contre 800.000 les 17 et 24 octobre et 500.000 le 31 octobre.
En conséquence, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé jeudi soir qu'il convoquerait lundi 9 novembre une "conférence sociale" réunissant "les organisations représentatives des salariés et des employeurs" afin "d'apporter des réponses aux questions de pouvoir d'achat et de salaires".
Invité de la matinale de TF1 ce vendredi, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a donné plus de précisions quant aux intentions du gouvernement. Il a ainsi jugé "important" d'essayer de "franchir la barre" des 1.500 euros net pour le Smic mensuel, actuellement d'un montant de 1.477 euros. "Ce coup de pouce a un caractère exceptionnel", a souligné le ministre, avant d'évoquer "un décret qui est prêt (...) pour inciter les entreprises à relever leurs minimas conventionnels" afin qu'ils atteignent "le niveau du Smic".
"Il est pas acquis à ce stade, rien n'est acquis, on discute", a ajouté Jean-Pierre Farandou à propos du relèvement du Smic, disant la nécessité de "faire ça sans affecter l'emploi". Il aussi indiqué que le gouvernement était prêt à "discuter avec les organisations patronales sur un ajustement du coût du travail".
Une manière de donner un gage aux patrons hostiles à cette hausse du SMIC. Le 27 octobre, le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), Michel Picon, avait évoqué à l'antenne de RTL "une catastrophe" au travers de cette mesure qui entraînerait selon lui "des milliers, des milliers et des milliers de fermetures de petites entreprises". Ce dernier plaide pour la suppression de la CSG et de la CRDS afin d'être en mesure d'augmenter les salaires, pour en alléger les charges sans peser sur les employeurs.
Côté syndicats, c'est une augmentation de 100 euros nets du Smic et l'indexation des salaires sur l'inflation qui est réclamée. Au micro de RTL ce vendredi, la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, a qualifié la journée du 5 novembre de "vraie réussite" et dit attendre de la part du gouvernement, "des réponses à la hauteur des enjeux et des attentes". "C'est plus qu'un coup de pouce, la CFDT demande 100 euros net d'augmentation du Smic mensuel, il faut un vrai électrochoc en matière de pouvoir d'achat", a réaffirmé la syndicaliste.
"Les organisations syndicales le redisent, la seule chose qui arrêtera la mobilisation, c'est la réponse aux revendications portées depuis plusieurs semaines par les salariés, les fonctionnaires, les jeunes et les retraités", indique ce vendredi matin par voie de communiqué l'intersyndicale réunissant la CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l'Unsa, la FSU et Solidaires. "L'intersyndicale se retrouvera à nouveau ce lundi à l'issue de la réunion organisée à Matignon et décidera des suites de la mobilisation", ajoutent aussi les organisations de salariés.