Les députés LFI Alma Dufour, Farida Amrani et Matthias Tavel, ainsi que leur collègue du groupe Écologiste Benjamin Lucas-Lundy, ont été sanctionnés par le Bureau de l'Assemblée nationale, ce mercredi 14 octobre, pour avoir interpellé en juillet dernier la présidente de séance, Hélène Laporte (RN), en l'accusant d'être "raciste". Celle-ci avait alors déploré avoir été "prise à partie d'une façon absolument indigne".
Le Bureau de l'Assemblée nationale a sanctionné, ce mercredi, plusieurs députés de gauche, pour des faits remontant au 7 juillet dernier. Ce jour-là, lors de l'examen d'une proposition de loi dans l'hémicycle, ces députés avaient notamment qualifié de "raciste" Hélène Laporte (Rassemblement national), qui présidait la séance.
Les députés Matthias Tavel, Alma Dufour et Farida Amrani, qui siègent sur les bancs de La France insoumise, ont écopé d'un "rappel à l'ordre simple", la sanction la moins grave qui puisse être prononcée à l'Assemblée nationale, tandis que leur collègue du groupe Écologiste et Social, Benjamin Lucas-Lundy, a été sanctionné d'un "rappel à l'ordre avec inscription au procès-verbal", ce qui entraîne la privation, pendant un mois, du quart de son indemnité parlementaire.
Selon un membre du Bureau, ce n'est pas le "contenu" des propos prononcés qui a motivé ces sanctions, mais "le fait d'avoir interpellé la présidente [de séance]", Hélène Laporte. "Il nous a été reproché d'avoir participé à une scène de tumulte en mettant en cause la présidente de séance", a confirmé ce mercredi Matthias Tavel à LCP, quelques minutes après son audition par le Bureau de l'Assemblée. Cette instance, au sein de laquelle tous les groupes politiques sont représentés, est la plus haute autorité collégiale du Palais-Bourbon.
Le faits remontent donc au 7 juillet dernier, en plein examen d'une proposition de loi "visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre, dans l'exercice de leurs fonctions", dans une ambiance particulièrement houleuse. La présidente de séance, Hélène Laporte (RN), donne alors la parole à l'écologiste Sabrina Sebaihi, qui ne souhaite pas s'exprimer. La vice-présidente de l'Assemblée a confondu la députée des Hauts-de-Seine avec sa collègue insoumise de l'Essonne Farina Amarani, qui souhaite faire un rappel au règlement. "Ah pardon, excusez-moi !", se reprend aussitôt Hélène Laporte.
"Ce n’est pas parce que nous avons la même couleur que nous sommes interchangeables !", réplique Farida Amrani, soutenue par plusieurs députés des groupes LFI et Écologiste. "Ce que vous faites est une honte !", lance notamment le coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard.
"Pour vous, pas de distinction, les Arabes et les Noirs sont tous pareils !", lance encore Farida Amrani, qui qualifie ensuite Hélène Laporte de "raciste". Une accusation répétée par les insoumis Matthias Tavel et Alma Dufour, mais aussi par le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy.
Dans un communiqué de presse publié avant la réunion du Bureau, le groupe LFI a affirmé que "les Insoumis ne céderont pas à cette tentative de censure et continueront à dénoncer le racisme partout où il se trouve". Et les députés LFI de persister, considérant que les quatre députés incriminés "ont dénoncé le racisme qui prévaut sur les bancs de l'extrême droite".
"Dire que le RN et ses membres sont racistes, c'est juste dire la vérité", a estimé Matthias Tavel auprès de LCP après avoir été sanctionné. La France insoumise considère, en outre, que les sanctions prononcées contre ses députés, de simples rappels à l'ordre, sont une forme de "désaveu" pour le Rassemblement national.
Pour sa part, Hélène Laporte avait dénoncé, dès le 8 juillet, les propos qui la visaient : "Hier, alors que je présidais la séance (...) j’ai été prise à partie par la France insoumise d'une façon absolument indigne. La stratégie d'obstruction et de bordélisation de l'extrême-gauche a été vaine : j’ai tenu la séance jusqu’au bout permettant d'aller jusqu'au vote qu'il voulaient empêcher", avait écrit la députée sur son compte X.
Rectificatif : contrairement à ce qui a été indiqué dans un premier temps, Andy Kerbrat n'a pas été sanctionné par le Bureau ce mercredi.