Une "décision incompréhensible": à l'Assemblée, le groupe d'études VIH-Sida veut "sauver" la campagne annuelle de prévention

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Le député PS Arthur Delaporte veut interdire les banquets du Canon français.
Le député PS Arthur Delaporte veut interdire les banquets du Canon français. LCP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 25 septembre 2026 à 19:21

Le député socialiste Arthur Delaporte, à la tête du groupe d'études VIH/Sida à l'Assemblée nationale appelle le gouvernement, et plus particulièrement la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à revenir sur l'absence de campagne de prévention sur le VIH qui se déploie traditionnellement en décembre.

Le député socialiste, Arthur Delaporte, parle d'une "décision incompréhensible". "Le groupe d'études VIH/Sida de l'Assemblée se mobilisera pour sauver cette campagne", écrit sur X celui qui co-préside cette instance, avec son collègue Pouria Amirshahi (Ecologiste et social), à l'Assemblée nationale. Ces derniers jours, plusieurs organisations anti-sida se sont en effet inquiétés de l'absence cette année d'une campagne de prévention de Santé publique France.

A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre, l'agence sanitaire déploie traditionnellement une campagne sur le VIH mais "en 2026, cette campagne est annulée", affirme un collectif d'organisations dans une lettre ouverte à la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, et au directeur général de l'agence sanitaire, leur demandant de "revenir" sur cette décision - une injonction reprise par le député.

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Cela "envoie un signal particulièrement inquiétant"

"Fin août, l'information d'une annulation de cette campagne a commencé à circuler, et les acteurs de la lutte contre le VIH ont eu, depuis, la confirmation par Santé publique France de cette décision, liée à des coupes budgétaires gouvernementales", a expliqué à l'AFP Anaïs Saint-Gal, responsable du plaidoyer de Sidaction. "Supprimer une campagne aussi importante que celle du 1er décembre envoie un signal particulièrement inquiétant sur le niveau réel d’engagement de l’État dans la lutte contre le VIH", peut-on lire dans la lettre des associations. 

Récusant toute "annulation", car "la campagne n'avait pas été produite", le directeur général de la Santé, Grégory Emery, a indiqué que le gouvernement avait "été amené à établir des priorités dans les campagnes demandées à Santé publique France, et que celle-ci [celle sur le sida] n'a pas figuré parmi les priorités". Sur le VIH, "on a une politique publique très complète – récemment la stratégie 2026-2030 de santé sexuelle –, on sait animer les réseaux territoriaux (ARS, professionnels de santé) et on a des outils digitaux pour être aussi efficaces qu'une campagne nationale", a-t-il notamment justifié.

Une soixantaine de groupes d'études à l'Assemblée

Depuis fin janvier et l'annonce du transfert au ministère de la Santé des campagnes de prévention notamment, des syndicats de SpF, experts et parlementaires se sont inquiétés d'une "reprise en main" et du "blocage" de campagnes sur l'addiction aux paris sportifs, les fortes chaleurs ou le tabagisme.

A l'Assemblée nationale, les groupes d'études (il y en a une soixantaine) permettent aux députés "d'approfondir et de suivre des questions spécifiques", indique le site du Palais-Bourbon. En décembre 2024, le groupe VIH/Sida ne figurait pas sur les listes prévisionnelles des instances en cours de création, mais il avait finalement été reconduit face au mécontentement de plusieurs députés, dont Brigitte Liso (Ensemble pour la République) qui le présidait de 2022 à 2024.

(avec AFP)