Face à l'écrivain Olivier Norek, dans le cadre de l'émission "Conversation française", sur LCP, en partenariat avec La Tribune Dimanche, Édouard Philippe se livre sur l'exercice du pouvoir. Et notamment sur la capacité à commander.
"Un chef c'est fait pour cheffer", disait son mentor, Jacques Chirac. Invité à dialoguer avec l’écrivain Olivier Norek, dans l'émission Conversation française, sur LCP, Édouard Philippe insiste sur une dimension, selon lui, trop peu abordée dans une campagne présidentielle : la capacité à commander.
En lice dans cette élection présidentielle depuis septembre 2024, il est en compétition pour incarner le bloc de centre-droit avec Gabriel Attal, à la tête de Renaissance, et Bruno Retailleau, à sa droite, candidat des Républicains. "Dans une campagne présidentielle, il y a beaucoup de gens qui parlent de mesures", constate-t-il. Dans cette émission où le dialogue avec l'écrivain, encadré par Anna Cabana, permet d'aller au delà de certains éléments de langage, l'ancien chef du gouvernement estime qu'"une élection présidentielle sert à choisir quelqu’un qui est à la fois le chef de l’État, donc le chef des armées (...), donc en réalité quelqu’un qui est un chef."
S'il juge les propositions "extrêmement importantes", Édouard Philippe considère qu'elles ne suffisent pas. Il rejette surtout l’idée d’une aptitude naturelle au commandement. "Ce n’est pas inné", affirme le maire du Havre, avant de mettre en lumière l'expérience. "C’est difficile d’avoir une relation au pouvoir et une capacité à exercer le commandement si on n’a pas essayé, si on ne s’est pas trompé."
Au cours de l'émission, le fondateur d'Horizons évoque son service militaire comme sous-lieutenant, mais aussi son expérience à la tête d’une grande ville, y voyant "l'exemplarité" comme une exigence commune. Il ajoute une autre condition pour réussir : "La capacité à dire clairement où est-ce qu’on va et à être certain que les gens comprennent où est-ce qu’on va est absolument indispensable."
Commander, explique-t-il, ne consiste pas seulement à appliquer des règles ou à disposer d’une autorité. "Apprendre en regardant un type qui sait commander est incroyablement important", juge l'ancien Premier ministre. Il compare par ailleurs une campagne électorale avec un exercice militaire. "Une campagne présidentielle a ceci de particulier qu’il est explicitement dit que c’est un exercice de conquête du pouvoir."
Dans cet échange, Édouard Philippe esquisse ainsi moins un programme qu’une conception de la fonction présidentielle et de son exercice du pouvoir. Une manière de déplacer le débat au-delà des aspects programmatiques pour rappeler aux électeurs qu'ils votent aussi pour une personne qui devra incarner la fonction et le pays.
Conversation française. Un candidat, un écrivain
Nouveau rendez-vous mensuel, présenté par Anna Cabana
Le jeudi à 20h30 sur LCP