Faut-il supprimer ou modifier Parcoursup, la plateforme d'orientation post-bac, qui concentre un grand nombre de critiques ? Entre sélection au mérite et accès à l'enseignement supérieur pour tous, les candidats à l'élection présidentielle ont des options très différentes pour répondre à la mobilisation lycéenne sur ce sujet.
C'est l'une des principales demandes du mouvement lycéen: obtenir l'abrogation de Parcoursup. La plateforme, lancée en 2018 par le gouvernement d’Édouard Philippe, permet aux lycéens de candidater aux différentes formations offertes par l'enseignement supérieur.
Jugée opaque, inéquitable et stressante par les élèves, Parcousup est également critiquée à des degrés divers par nombre de responables politiques, qui demandent pour certains sa suppression, pour d'autres une réforme plus ou moins profonde. Avant une conférence de presse du gouvernement, qui doit annoncer ce lundi après-midi plusieurs mesures pour répondre à la mobilisation des lycéens, LCP vous présente les positions des différents candidats à l'élection présidentielle sur ce sujet.
La France insoumise et son candidat Jean-Luc Mélenchon réclament l'"abolition" pure et simple de Parcoursup. Les insoumis sont favorables à la création de 150 000 places supplémentaires dans l'enseignement supérieur, afin que "tout bachelier" puisse "s'inscrire dans la formation de son choix comme la Constitution le prévoit".
La candidate des Écologistes, Marine Tondelier, veut elle aussi la suppression de Parcousup, un "algorithme injuste, opaque" qui "stresse les élèves et leurs parents". Une suppression qui doit se faire "avant la présidentielle", a-t-elle estimé sur France 2 ce lundi matin. Le candidat du Parti communiste français, Fabien Roussel, se dit également favorable à l'abrogation de Parcoursup afin "d'ouvrir les études à toutes et à tous".
Marine Le Pen "réformera" Parcoursup si elle arrive au pouvoir. "Ce que nous souhaitons, c'est qu'il y ait une transparence totale dans les critères qui sont choisis par les différentes universités ou les différentes écoles", a expliqué la candidate du Rassemblement national sur CNews, à la mi-octobre.
Raphaël Glucksmann propose, quant à lui, "un calendrier précis" afin de "changer Parcoursup". Objectif : "le supprimer pour le remplacer", a indiqué ce lundi matin sur TF1 le candidat de Place publique et du Parti socialiste à l'élection présidentielle. Cette alternative "plus juste" serait créée à l'issue d'"états généraux de l'orientation avec les lycéens, les parents et les enseignants".
"Je pense qu'il faut une nouvelle plateforme", juge également Bruno Retailleau. Sur le patea de Public Sénat, le candidat des Républicains a dénoncé une "boîte noire" et proposé un nouveau système qui permettra d'"assumer" une "sélection" à l'université, basée sur le "mérite".
Le candidat d'Horizons, Édouard Philippe, qui était Premier ministre quand le gouvernement a lancé la plateforme, a estimé dans l'émission L'heure de vérité sur France 2 que "Parcoursup c'est stressant et ça ne marche pas comme ça devrait", tandis que son rival de Renaissance, Gabriel Attal, qui était le rapporteur de la loi qui a permis l'instauration de Parcoursup, a proposé lors de son meeting de Lyon, le 10 octobre, de faire de la plateforme "un outil qui accompagne davantage".
La suppression de Parcoursup sans solution de remplacement conduirait à une catastrophe à court terme. France Universités
Ces orientations se rapprochent de la position de France Universités, une association qui rassemble des présidents d'universités : "La suppression de Parcoursup sans solution de remplacement conduirait à une catastrophe à court terme, qu’il faudra assumer devant les prochains bacheliers, en juillet", a écrit l'association dans un communiqué publié dimanche.
"Supprimer Parcoursup n’est pas la solution magique", met en garde France Universités, qui juge "majeur de ne pas confondre l'outil et la politique délibérée de réduction des moyens, qui, ces dernières années, a créé de fortes tensions pour l’entrée dans l’enseignement supérieur".