En meeting à Rochefort jeudi 22 octobre au soir, la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a salué la participation de Benoît Biteau, député siégeant au sein du groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale. Une présence révélatrice de l'attrait que la candidature à la présidentielle de Jean-Luc Mélenchon exerce chez une partie des membres de la formation dirigée par Marine Tondelier, elle-même candidate à l'Élysée.
"Plus on nous cible, plus les soutiens à la candidature de Jean-Luc Mélenchon affluent. Merci à Benoît Biteau d’avoir été parmi nous". En meeting à Rochefort (Charente-Maritime) jeudi soir, la présidente du groupe La France insoumise de l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a salué la présence dans la salle du député de la circonscription. "Je me reconnais dans le projet politique pour ces présidentielles porté par les insoumis. C'est celui qui est le plus proche de l'écologie que je défends", a déclaré lors de cette même réunion publique l'élu, membre du parti et du groupe des Écologistes au Palais-Bourbon. Un signal supplémentaire de l'attrait que Jean-Luc Mélenchon exerce sur une partie des troupes de la formation dirigée par Marine Tondelier.
Dans un entretien accordé à Reporterre le 22 juillet, le candidat insoumis avait tendu la main aux Écologistes, disant ne pas renoncer à "une stratégie unitaire". Il leur avait ainsi proposé un accord "global et au carré" portant sur la présidentielle, les élections législatives et les régionales de 2028. "Après l’heure, ce ne sera plus l’heure", avait-il cependant mis en garde, leur donnant "deux ou trois mois" pour se prononcer.
Parmi les voix qui s'élèvent en faveur de ce rapprochement en vue de la présidentielle, il y a notamment celle de Sandrine Rousseau qui a plaidé, le 22 août sur Franceinfo, pour "une alliance" de son parti avec La France insoumise "sur une base programmatique". La députée estimant que Jean-Luc Mélenchon était "aujourd’hui le candidat le mieux placé à gauche pour passer le premier tour".
Une parole qui s'inscrit dans une tendance, bien présente chez Écologistes, remettant en cause la candidature de Marine Tondelier à l'élection présidentielle. Dans un courrier cité par nos confrères de L'Opinion le 16 octobre, huit députés du groupe Écologiste et Social de l'Assemblée nationale, ainsi que leur présidente Cyrielle Chatelain, considéraient qu'"une autonomie qui [atterrirait] à 3 % échoue". Pour ces derniers, l’argument selon lequel le leader insoumis serait "le pire candidat de second tour face à Marine Le Pen", largement repris par Marine Tondelier, ne tient pas la route car "un premier tour gagné donne la dynamique du second, où rien n’est écrit".
Le 21 septembre dernier, les Écologistes ont adopté par 69,44 % des voix une motion de leur direction actant un vote des militants quant à la stratégie en vue de la présidentielle. Si pour l'heure, Marine Tondelier est officiellement leur candidate, les adhérents trancheront le 13 décembre entre deux options : être représentés par la secrétaire nationale de leur parti, ou soutenir un candidat qui ne serait pas issu de leurs rangs.
Au risque de la fracture, certains parmi les Écologistes penchant plutôt pour Raphaël Glusksmann que pour Jean-Luc Mélenchon. C'est le cas du sénateur Yannick Jadot, suspendu du parti, pour avoir rallié le candidat de la gauche sociale-démocrate avant même sa victoire à la primaire.