Sans adoption d'un budget de l'État, "la transition climatique serait largement mise à mal", alerte le Haut Conseil pour le climat

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par Maxence Kagni, le Mercredi 30 septembre 2026 à 13:30

Le président du Haut Conseil pour le climat, Jean-François Soussana, ainsi que sa collègue Diane Strauss, étaient auditionnés par la commission des finances de l'Assemblée nationale, ce mercredi 30 septembre. Devant les députés, ils ont insisté sur la nécessité d'adopter un budget pour l'année 2027, afin de préserver les investissements liés à la transition climatique. 

Le Haut Conseil pour le climat exhorte les parlementaires à adopter un budget de l'État pour l'année 2027. Ce mercredi, le président du Haut Conseil, Jean-François Soussana, ainsi que Diane Strauss, elle aussi membre du HCC, étaient auditionnés par la commission des finances de l'Assemblée nationale. Ils ont mis en garde contre un essouflement de l'effort français visant à répondre à ses objectifs climatiques.

"Si un budget venait à ne pas être voté, la transition et les objectifs climatiques seraient largement mis à mal", a alerté Diane Strauss, devant les députés. Le Haut conseil pour le climat est un organisme indépendant dont le but est d'évaluer l'action publique en matière de climat et sa cohérence avec les engagements européens et internationaux de la France. 

Selon Diane Strauss, une absence de budget aurait des conséquences néfastes sur les investissements de la transition écologique, avec notamment "la suspension de MaPrimeRenov', du Fonds vert, de projets d'infrastructure qui sont importants pour la décarbonation, de nouveaux appels à projets prévus dans le cadre de France 2030".

"Ne pas enfermer la démocratie"

La membre du HCC pointe d'autres risques, comme "la réduction de la capacité de l'État à répondre aux crises, notamment les crises agricoles ou forestières", ou le manque de financement des contrats de plan Etat-région. Un rejet du budget risquerait aussi d'avoir des conséquences sur les collectivités locales, car les dotations d'investissement ne pourraient pas leur être versées, a ajouté Diane Strauss devant les parlementaires.

"Il est donc vraiment essentiel d'adopter un budget cette année", a-t-elle martelé. Une prise de position qui n'a pas forcément convaincu le député écologiste Tristan Lahais : "On ne peut pas enfermer la démocratie dans ce type de chantage", a réagi l'élu, dont le groupe devrait voter en faveur d'une censure du gouvernement lors des débats budgétaires. 

Diane Strauss a également profité de son passage devant les députés pour critiquer les précédents budgets : "Ce qu'on observe, c'est une dégradation importante des instruments de politique publique", a-t-elle déclaré, ciblant la "baisse des budgets du Fonds verts" mais aussi "une persistance des dispositifs fiscaux défavorables à la transition", comme "la fiscalité des carburants sur les poids lourds".

"Zone de danger climatique"

Quelques minutes auparavant, le président du Haut Conseil pour le climat, Jean-François Soussana, avait dressé un tableau assez sombre de la situation, rappelant que le seuil des +1,5°c à l'échelle mondiale "à partir duquel nous rentrons dans une zone de danger climatique" serait atteint "rapidement" puisqu'en 2025 ce chiffre était de +1,4°c. "L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite, avec +2,2°c par rapport aux années 1900 en France hexagonale et en France", a-t-il déclaré.

L'été 2026 a été le plus chaud jamais observé. Jean-François Soussana

Le président du HCC a expliqué que ces hausses des températures avaient aussi pour conséquence une "augmentation rapide des foyers locaux de transmission des maladies vectorielles" comme la dengue, le chikungunya et certaines maladies animales, propagées des insectes vecteurs qui survivent aux hivers doux. 

"L'adaptation n'est pas suffisante, la France n'est pas prête à faire face aux impacts du changement climatique", a expliqué Jean-François Soussana. Le président du HCC met en garde contre un ralentissement des baisses d'émissions de CO2 : le rythme était de -6,8 % en 2023, de -3 % en 2024 et de -2,1% en 2025. "Il faudrait accélérer pour atteindre -4 % par an de 2026 à 2028 pour respecter le troisième budget carbone de la France", a-t-il déclaré, tout en demandant aux parlementaires de "changer d'échelle" dans les politiques qu'ils entendent mettre en oeuvre.