Candidate à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Ségolène Royal a épinglé dimanche la supposée inexpérience et "méconnaissance du peuple" de son adversaire Raphaël Glucksmann, estimant que l'élire président reviendrait à mettre "un stagiaire à la tête d'une entreprise". Ce dernier lui a répondu ce lundi matin.
Le premier débat entre les candidats à la primaire sociale-démocrate aura lieu ce mercredi 23 septembre sur LCI, mais déjà les attaques sont là. Dimanche, c'est Ségolène Royal qui a taclé l'un de ses adversaires, en l'occurrence Raphaël Glucksmann. Interrogée dans Libération sur ce qui la distingue de l'eurodéputé Place publique, elle a fait valoir son "expérience". "Femme socialiste, j’ai fait mes preuves dans l’exercice difficile du commandement démocratique local, national et international", a-t-elle assuré.
Mais Ségolène Royal ne s'arrête pas là. "Pour diriger un pays, il faut déjà avoir un métier. Ou avoir dirigé ne serait-ce qu’une collectivité locale ou une structure étatique et obtenu des résultats concrets positifs", poursuit celle qui a été plusieurs fois ministre et avait atteint le second tour de la présidentielle en 2007 (face à Nicolas Sarkozy). Elle ajoute, dans la foulée : "Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. C’est dangereux."
Des critiques qu'elle a réitérées un peu plus tard sur le plateau de BFMTV :
A moins de trois semaines du premier tour de la primaire organisée par le Parti socialiste et Place publique, prévu les 9 et 10 octobre, Ségolène Royal explique avoir choisi de militer pour "une France tranquille, sans brutalité ni cynisme, donc sans mouvements sociaux désespérés parce qu’ils auront été gérés avant, avec écoute, sagesse et humilité".
Elle se dit aussi attachée à se démarquer du macronisme et affirme que "deux lignes politiques" vont s'affronter dans le scrutin du camp social-démocrate. La sienne, qu'elle décrit comme "mitterrandiste" : "Au premier tour d’une présidentielle, on rassemble son camp, sans sectarisme ; au second, sur ce socle, on élargit", développe Ségolène Royal, en précisant qu'avec elle, "l'alliance se fera avec les écologistes et les communistes".
Et donc, "pas avec le centre ou la droite sous prétexte de faire barrage à La France insoumise". Car, c'est bien à ses yeux, l'autre ligne - celle qu'elle combat - portée dans la primaire à venir : "Au premier tour, on va aller grappiller au centre et à droite, et puis si on est trop faibles pour faire barrage à LFI, on ira s’allier avec le candidat macroniste dès le premier tour contre des ministères et des circonscriptions." Cette option conduirait, estime la candidate, à la "disparition" du Parti socialiste et l'avènement du Rassemblement national.
La réponse de Raphaël Glucksmann n'a pas tardé. Sur Franceinfo ce lundi matin, il a dénoncé l'attitude de sa rivale. "Au moment où la France traverse une telle crise (...) où l'extrême droite est aux portes du pouvoir, Madame royal décide que je suis sa première cible. Ce n'est pas du tout au niveau", a-t-il déclaré.
Mais l'eurodéputé Place publique est aussi revenu sur le parcours politique de Ségolène Royal, lui donnant raison sur un point : "Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas quémandé des postes depuis 45 ans, auprès d'Emmanuel Macron pour être ministre ou finir ambassadrice, que je n'ai pas ensuite choisi Jean-Luc Mélenchon par dépit." Assurant que cette dernière "ne gagnera pas cette primaire", car "les Français rejettent ce type de politique", Raphaël Glucksmann a ajouté n'avoir "aucune envie d'être stagiaire auprès des gens qui font de la politique de cette manière" et estimé que tout cela "avilit l'ensemble de la classe politique".
Outre Raphaël Glucksmann et Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel sont sur la ligne de départ de la primaire.