Blocage des lycées: quelles sont les revendications des élèves?

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La façade du lycée Roger Verlomme, le 2 octobre 2026 (© Maïté Frémont LCP)
La façade du lycée Roger Verlomme, le 2 octobre 2026 (© Maïté Frémont LCP)
par Pierre Levrel, le Mardi 6 octobre 2026 à 06:50, mis à jour le Mardi 6 octobre 2026 à 10:45

Lundi 5 octobre, 589 lycées ont connu des perturbations, après deux semaines d'une mobilisation intense des élèves. Ce 6 octobre, les syndicats appellent à accentuer la pression sur le gouvernement à travers un "acte III" du mouvement. Mais quelles sont, exactement, les revendications derrière ces blocages ?

Depuis le 17 septembre, une fièvre nationale s'est emparée des élèves du secondaire, mobilisés dans le blocage de leur établissement pour dénoncer des conditions d'études qu'ils jugent indignes. Ils portent une série de revendications, auxquelles Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de répondre avant la fin du mois, selon une lettre diffusée le 4 octobre.

Panorama des doléances sur lesquelles ils sont attendus.

Un manque d'effectifs

À travers leur mouvement, les élèves expriment plusieurs revendications, qui ont d'abord trait aux moyens humains alloués à l'éducation nationale. Ils se plaignent de classes surchargées, souvent de 30 à 35 élèves, et des absences prolongées de professeurs qui ne sont pas remplacés. Ces conditions d'études sont par ailleurs jugées inégalitaires - elles ne sont pas homogènes entre les villes de banlieue et certains établissements situés dans les grandes métropoles.

Des emplois du temps saturés

Par ailleurs, le rythme scolaire est mis en cause. Les élèves se plaignent de se lever trop tôt, pour suivre des journées étendues parfois de 8h à 18h. Des "trous", c'est-à-dire des heures qui ne sont pas affectées à un cours, aggravent cet étirement des emplois du temps. La réforme des filières générales, adoptée en 2019, qui permet un choix de spécialités en classe de première, est pointée du doigt pour avoir désorganisé les plannings.

Des infrastructures dégradées

Les élèves s'insurgent également des moyens matériels et du bâti - qui relèvent davantage de la compétence des régions. La vétusté du matériel, du mobilier, les conditions d'hygiène sont dénoncées. En outre, les vagues de chaleur connues cet été ont mis en lumière des problèmes d'isolation des établissements et des carences dans l'adaptation aux épisodes climatiques extrêmes.

Une orientation anxiogène

Enfin, la plateforme Parcoursup est dénoncée par les élèves. Son fonctionnement serait un motif d'angoisse dans leur orientation professionnelle, pour l'importance que revêt la notation en contrôle continu et la sélectivité croissante des formations de l'enseignement supérieur.

Une dégradation des conditions d'études

Pour les sociologues Alex Alber, Valérie Cohen, Nicolas Oppenchaim et Marion Valarcher, qui ont signé le 5 octobre une tribune au Monde, la question de la "pénibilité du travail scolaire" se pose prioritairement pour saisir le mouvement lycéen.

Ils ont constaté une dégradation des conditions d'études, mise en lumière via un questionnaire adressé à 7000 élèves. Leurs résultats pointent une insatisfaction vis-à-vis du volume de travail, trop important, des horaires de présence au lycée, de la vétusté des infrastructures. Ces conditions ont un effet sensible sur leur santé, en particulier leur santé mentale et leur sentiment de bien-être.

Alors que le climat s'annonce tendu en ce mardi de mobilisation, Matignon fait savoir que les revendications du mouvement lycéen doivent être portées "dans un cadre pacifique". Le chef du gouvernement mise sur le fait que les manifestations du jour permettent de "renouer avec une contestation encadrée, légale et démocratique".