Budget: la proposition d'Éric Coquerel au gouvernement pour répondre aux revendications lycéennes et étudiantes

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Le député de La France insoumise Eric Coquerel
Le député de La France insoumise Eric Coquerel. Capture d'écran
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 3 novembre 2026 à 15:40

Pour mettre en oeuvre les mesures annoncées par le gouvernement en réponse à la mobilisation lycéenne et étudiante, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel (La France insoumise) proposer d'intégrer les dispositions financières nécessaires au projet de loi de fin de gestion (PLFG) pour 2026, qui arrivera à l'Assemblée nationale la semaine prochaine. Le député a écrit au gouvernement en ce sens. 

Éric Coquerel y voit "une proposition pour sortir de l'ornière". Ce mardi 3 novembre, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale et député insoumis a fait une "proposition" au gouvernement : inscrire les mesures budgétaires de réponse à la mobilisation lycéenne et étudiante dans le projet de loi de fin de gestion (PLFG) pour 2026. Ce dernier sera présenté demain en Conseil des ministres et arrivera lundi prochain, le 9 novembre, en commission. "Le gouvernement pourrait faire soit une lettre rectificative, soit des amendements", estime l'élu.

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Le député du parti de Jean-Luc Mélenchon assure que cette "astuce" aurait "beaucoup d'avantages", notamment celui de décorréler le sujet de l'examen budgétaire en cours – qui devrait se terminer par le recours à l'article 49.3 de la Constitution ou par des ordonnances. "Ça irait très vite. Et on peut supposer que le gouvernement trouverait une majorité. On aurait un texte ainsi voté qui pourrait s'appliquer tout de suite et qui pourrait satisfaire dans l'urgence au mouvement étudiant", argumente Éric Coquerel.

"Un autre projet de loi, c'est hypothétique"

Ces derniers jours, comme l'évoquent Les Échos, la piste d'ordonnances (soit la reprise du texte initial de l'exécutif) suivi d'un projet de loi contenant les mesures rectifiant ce dernier commence à circuler. Invité de BFMTV dimanche, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire (Parti socialiste), l'a également évoqué. "Je pense que le gouvernement doit faire un budget par ordonnances, mais qu'il doit prendre maintenant l'engagement de faire soit une loi ordinaire portant diverses mesures pour compiler les réponses au mouvement social (...), soit de faire un projet de loi de finances rectificative qui viendrait immédiatement après", a-t-il expliqué. 

Un tel scénario n'a pas les faveurs d'Éric Coquerel. "Un autre projet de loi, c'est hypothétique et ça nous renvoie à décembre", réagit le député LFI. "Je propose que ce soit dès maintenant" dans le PLFG, complète celui qui entend bien interroger les ministres David Amiel et Roland Lescure sur sa proposition. Ils seront en effet auditionnés ce mercredi midi, dans la foulée du Conseil des ministres, par la commission des finances de l'Assemblée nationale à propos, justement, du projet de loi de fin de gestion.

Un courrier adressé à Sébastien Lecornu

Sollicitée sur cette possibilité par LCP, la cheffe de file du groupe Socialistes sur le budget, Estelle Mercier, indique qu'il est "possible d'intégrer au PLFG  ces promesses, mais avec une marge de manoeuvre limitée, puisqu'on parle de crédits sur 2026 et que l'argent doit être dépensé dans les deux mois". A ses yeux, cela ne peut donc pas, par exemple, financer "la totalité du milliard débloqué pour le bâti des facs". 

Cela m’apparaît comme étant la solution la plus adaptée Éric Coquerel (LFI), président de la commission des finances de l'Assemblée

De son côté, outre le PLFG, Éric Coquerel évoque aussi l'idée que le gouvernement "fasse passer à côté un projet fiscal spécifique pour contrebalancer ces crédits [ceux liés aux revendications lycéennes et étudiantes]" et obtenir des recettes supplémentaires. Avec, notamment, une contribution sur les hauts patrimoines ou une taxe exceptionnelle sur les superprofits. 

"Le recours au PLFG pour prévoir de nouvelles dépenses et à une loi ordinaire pour les financer par de nouvelles recettes m’apparaît comme étant la solution la plus adaptée pour répondre rapidement aux revendications de la jeunesse", assure, dans un communiqué de presse, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui dit avoir écrit au Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour lui "soumettre cette possibilité".