Auditionné par les députés de la commission des lois, lundi 2 novembre en fin de journée, sur les crédits de son ministère dans le cadre du budget de l'État pour 2027, le ministre de l'Intérieur a aussi été interpellé sur le maintien de l'ordre dans le contexte actuel de mobilisations sociales. À cette occasion, Laurent Nuñez a indiqué qu'il ne renoncerait à "aucun moyen intermédiaire" permettant aux forces de l'ordre "de se défendre".
"Je ne renoncerai à aucun moyen intermédiaire pour la bonne et simple raison que les policiers ont besoin de se défendre quand ils sont pris à partie" lors de manifestations. Auditionné hier soir par la commission des lois de l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé qu'il ne privera les forces de l'ordre de matériels, comme les grenades et le gaz lacrymogène, que celles-ci utilisent pour accomplir leurs missions.
Le ministre était venu présenter les crédits dédiés à son ministère dans le cadre du projet de loi de finances 2027, en hausse de 3,5 % par rapport à l'année précédente. Le budget 2027 prévoit notamment pour la mission "Sécurités" (police, gendarmerie, sécurité civile, sécurité et éducation routières) 18,2 milliards d'euros de crédits (hors pensions) avec une très légère hausse des effectifs (1.400 emplois en police, gendarmerie, sécurité civile).
Laurent Nuñez a été interpellé par certains députés, à l'instar de Gabrielle Cathala (La France insoumise) critiquant une forme de "répression" policière : "La répression, elle n'existe pas (...). Nous, on est là pour éviter les troubles à l'ordre public", a répondu le ministre de l'Intérieur.
Plusieurs élus ont demandé de renoncer à l'emploi des grenades utilisées dans le cadre du maintien de l'ordre, après les graves blessures de lycéens lors des récentes mobilisations. Laurent Nuñez estime que les policiers ont parfois besoin de se défendre : "Je ne renoncerai à aucun moyen intermédiaire", a-t-il répondu. "Moi, j'interviens quand il y a des violences et uniquement dans ce cas-là", a affirmé le ministre, évoquant "les gens (...) qui pètent les vitrines et s'en prennent aux forces de l'ordre et balancent des cocktails Molotov".
Laurent Nuñez a aussi expliqué qu'il n'avait "pas connaissance du caractère nocif du gaz lacrymogène qui est l'armement intermédiaire de base" en réponse à des questions sur les impacts des gaz lacrymogènes sur les femmes, certaines ayant fait part de troubles menstruels après les manifestations. "En 2021-2022, on a réalisé un certain nombre d'études et il n'y avait pas d'atteintes constatées, et au contraire même, les effets disparaissent très rapidement", a-t-il assuré. "Je ne suspendrai pas par principe de précaution l'utilisation du gaz lacrymogène", a conclu le ministre.
Sur un tout autre sujet, Laurent Nuñez a reconnu lors de cette audition que des "discussions techniques" étaient engagées avec les autorités talibanes pour pouvoir reconduire des Afghans en situation irrégulière. "On essaie d'obtenir la possibilité de reconduire un certain nombre d'Afghans en situation irrégulière", a expliqué le ministre, précisant que "d'autres pays", comme l'Allemagne, font de même.
"Un certain nombre [d'Afghans] peuvent constituer des menaces en matière d'ordre public, donc, c'est ma priorité aussi de veiller à ce qu'on puisse reconduire ces personnes", a-t-il répondu à la députée Léa Balage El Mariky (Écologiste et social) qui l'interrogeait, accusant le gouvernement d'un "début de normalisation des relations diplomatiques avec un régime qui commet un crime contre l'humanité" en pratiquant "un apartheid de genre".
(Avec AFP)