Interrogé sur la mobilisation lycéenne et la gestion du maintien de l'ordre en ouverture de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, ce mardi 6 octobre, le Premier ministre a assuré que parler d'"instructions politiques de répression policière" contre les manifestations de lycéens était un "mensonge". Sébastien Lecornu a évoqué des "accidents" et reproché à La France insoumise de "souffle[r] sur les braises".
Première question de la séance, et première réponse du Premier ministre. "L'ultra violence a frappé à la porte de ses lycées, elle doit être condamnée sans condition", a lancé dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ce mardi 6 octobre, Sébastien Lecornu en réponse à une interpellation du président du groupe Horizons, Laurent Marcangeli.
Sur le bilan des manifestations liées au blocage des lycées, il a indiqué que 215 élèves, 85 personnels éducatifs et 715 policiers ou gendarmes avaient été blessés ces derniers jours. Concernant les élèves, il a précisé que "la majorité d'entre eux" avaient été blessés "suite à des agressions ou, de manière plus résiduelle, des accidents".
"Dans une démocratie qui fonctionne, on ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence", a poursuivi le chef du gouvernement, invitant la classe politique à "faire corps" avec les fonctionnaires touchés par ces violences.
"Est-ce que, dans une manœuvre aussi sensible d'ordre public, des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui", a-t-il indiqué, ajoutant : "Je dis accident puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières. Violences policières suggérerait qu'il y ait des instructions politiques de répression policière. C'est faux, c'est un mensonge et c'est jeter l'opprobre sur la police de la République"
Et le Premier ministre d'appeler à "faire taire deux mensonges". D'abord, "laisser à penser qu'il y a une intentionnalité et une disproportion vilontaire dans l'usage de la force" ; ensuite, "sous-entendre que la police de la République et les militaires de la gendarmerie seraient racistes". Sans jamais citer nommément La France insoumise, il a ajouté que "la situation est suffisamment grave pour ne pas avoir besoin d'une classe politique lâche qui souffle sur les braises et qui cherche à attiser les violences pour ensuite mieux les condamner, pour organiser un chaos à des fins électoralistes".
"Je souhaite que nous puissions avancer pour apporter une réponse politique à une angoisse lycéenne", a fait valoir Sébastien Lecornu, en faisant le point sur plusieurs mesures enclenchées, comme sur la question des remplacements, et en donnant rendez-vous aux discussions budgétaires, puis lors de l'élection présidentielle de 2027.