Originaire de Sarcelles et d'une famille d'origine cap-verdienne, la musique que développe Stomy Bugsy permet de faire entendre les revendications et l’identité de la banlieue dans les années 1990. Figure de proue d'un rap politisé avec le Ministère A.M.E.R., il n'a jamais hésité à mettre en lumière les fractures sociales et les luttes des quartiers populaires, comme lorsqu’il signe le morceau Sacrifice de poulets pour le film La Haine, de Mathieu Kassovitz.
Au fil des années, il a su faire évoluer son art sans renier ses racines, passant du rap de combat à une carrière de comédien, tout en réorientant son engagement vers des causes humanistes et la défense des droits des animaux. Sa trajectoire illustre la diversité des parcours issus de la scène hip-hop. Elle témoigne de l'ascension d'un genre qui, après avoir éclos dans les marges durant la décennie 90, s'est imposé comme la musique la plus écoutée en France aujourd’hui.

"A quoi sert une chanson ?"… si elle est désarmée ? » chantait Julien Clerc sur un texte d’Etienne Roda-Gil. Les chanteurs ont toujours été témoins et acteurs des grandes mutations sociales, politiques et culturelles. Ils sont le reflet et le porte-voix des luttes, des espoirs et des révoltes. Dans une série d'entretiens menés par Didier Varrod, directeur musical des antennes de Radio France, des artistes explorent la force de leurs œuvres en lien avec l'engagement sous toutes ses formes. Calogero, Barbara Pravi, Bernard Lavilliers, Laurent Voulzy, Youssou N’Dour, Marguerite, Suzane, 2L ou encore Jeanne Cherhal ou Stomy Bugsy, chacun dévoile comment une chanson peut devenir le miroir de ses convictions et celles de son public, voire, au-delà de sa première raison d’être, un vecteur de changement de notre société.
Diffusions :