Diffusé le 26 avril 1995 à 20h50 sur France 2, ce numéro de Bas les masques est la première émission à aborder frontalement ce sujet à une heure de grande écoute. Mireille Dumas donne la parole à de jeunes victimes de violences sexuelles qui racontent l’enfer enduré depuis leur plus tendre enfance au sein de la famille, dans l’entourage proche ou dans le cadre scolaire et de loisirs. Des témoignages déchirants qui montrent la déflagration intérieure et la nécessité d’une réparation dans tous les domaines.
Entourée de parents, de psychiatres, de magistrats, de responsables associatifs, la journaliste tente de comprendre les mécanismes du silence : pourquoi les enfants peinent-ils à parler ? Pourquoi les parents ne les écoutent-ils pas ? Pourquoi la justice ne les entend-elle pas ? Et pose la question de la reconstruction et de la prévention contre ces violences.
L'émission provoque à l’époque un véritable électrochoc. Deux jours après sa diffusion, des enfants de Tourcoing, qui ont vu Bas les masques, dénoncent leur agresseur, entraînant son arrestation. Une dizaine de fillettes et de garçons de 8 à 12 ans sont concernés. L’impact sur les associations d’aide à l’enfance est également considérable, avec des appels multipliés par dix après l’émission.
Cette rediffusion est l’occasion de découvrir ce que sont devenus les témoins de l’émission et de mesurer, trente ans plus tard, le chemin parcouru dans la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.
Si des progrès juridiques notables ont été accomplis - allongements des délais de prescriptions, renforcement des peines encourues par les agresseurs - et si la parole des enfants est désormais mieux entendue, de nombreuses défaillances subsistent dans leur accompagnement et leur prise en charge policière et judiciaire. Aujourd'hui, la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, destinée à renforcer la protection des victimes et à mieux prévenir ces violences, vient d’être adoptée à l’Assemblée nationale.
le 119, le numéro national dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger ou en risque de l'être : Allô Enfance en danger - 7j/7, 24h/24
le 0 805 802 804 : violences sexuelles dans l’enfance (CIIvise), du lundi au vendredi de 10h à 19h

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