Les candidats à la primaire sociale-démocrate se sont affrontés, ce mercredi soir, lors d'un premier débat télévisé avant le scrutin d'octobre qui les départagera. Et c'est notamment la situation au Moyen-Orient qui a fait émerger des antagonismes, et suscité une passe d'armes particulièrement virulente entre Jérôme Guedj et Ségolène Royal.
"Ce n’est pas simplement une guerre, mais un génocide". Tels ont été les mots d'Olivier Faure pour décrire la situation actuellement en cours à Gaza, alors que les candidats étaient interrogés sur le conflit au Moyen-Orient. Évoquant une vertu "préventive" de cette qualification, le premier secrétaire du Parti socialiste a estimé que caractériser pour le dénoncer le génocide à Gaza constituait la première manière de le combattre.
"Nous avons besoin, effectivement, d’avancer sur ce terrain-là, de faire en sorte que l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël soit suspendu, que le commerce avec les colonies soit interdit", a aussi déclaré Olivier Faure, jugeant la colonisation en Cisjordanie "insupportable".
Ségolène Royal s'est dite "100 % d'accord" avec les propos d’Olivier Faure. "On ne peut pas oublier le pogrom du 7 octobre (...) mais on ne peut pas tolérer ce qu'il se passe aujourd’hui à Gaza. C’est une élimination", a-t-elle aussi déploré.
Évoquant la "montée très inquiétante" de l’antisémitisme, elle a estimé qu'"il faudrait plus de voix israéliennes et juives pour dire que ce qu'il se passe est absolument intolérable, parce que c’est ça aussi qui va freiner la montée de l’antisémitisme". Des propos qui ont immédiatement interpellé Jérôme Guedj, qui a dénoncé une "injonction" lancée à la communauté juive et une "dérive" de la part de Ségolène Royal. Le député s'est aussi dit "choqué", accusant la candidate d’"essentialiser" les Juifs. "On n’a pas demandé aux Français musulmans de hausser la voix pour se désolidariser des crimes commis par Daech, parce que ce sont des Français avant d’être des musulmans", a fait valoir Jérôme Guedj.
Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide. Ségolène Royal
“Il faut faire attention aux mots que l’on emploie. Les Juifs ne sont en aucun cas responsables de la politique de Netanyahou”, a également déclaré Raphaël Glucksmann à l’adresse de Ségolène Royal. “Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide”, lui a répondu la finaliste de l’élection présidentielle de 2007. Et le leader de Place publique de répliquer : "Ce n'est pas la qualification qu’on emploie qui compte, c’est l’action qu’on mène".
Olivier Faure a clos ce "débat sur les mots", déplorant qu'"il y [ait] aujourd’hui des gens [qui associent les Juifs] à ce que fait un gouvernement qui n’est pas le leur". Il est également revenu sur la situation à Gaza, estimant que "Raphaël ou toutes celles et ceux qui ne veulent pas prononcer le mot de “génocide”, ça a un poids. Parce qu’on sait très bien que quand le mot est prononcé (…) ça a un poids".