Le candidat des Républicains à l'élection présidentielle, Bruno Retailleau, a dévoilé ce lundi un plan d'économies cumulées de 197 milliards d'euros "jusqu'en 2032", qui permettrait, selon lui, au déficit public de passer sous la barre des 3% dès 2031 "sans augmentation d'impôts".
"Je considère que la France est quasiment en faillite." Lors d'une conférence de presse au siège des Républicains ce lundi 12 octobre, Bruno Retailleau a présenté sa trajectoire pour "rétablir l'ordre dans les comptes publics". A ses yeux, le pays est "assis sur plusieurs poudrières", notamment "financière" et "sociale". Face à cette situation, le candidat à l'élection présidentielle prévoit un plan d'économies de 197 milliards d'euros sur cinq ans, jusqu'en 2032. Ce dernier permettrait, selon lui, de passer sous la barre des 3% dès 2031 et de revenir à 2,2% en 2032.
Le leader de droite a expliqué vouloir "donner un grand coup de frein à la dépense publique et un coup d'accélérateur à la croissance". "Un pays où celui qui se lève à 6 heures paie pour ceux qui ne se lèvent pas finit par exploser", a également déclaré Bruno Retailleau, qui aspire à mettre en place "une société du travail gagnant" et à parler à "la France des honnêtes gens".
Son plan de redressement passe par des économies de 96 milliards pour l'Etat "en faisant mieux et moins cher", avec notamment le non-remplacement d'ici 2032 de 400.000 fonctionnaires partis à la retraite, tout en supprimant des agences et des opérateurs de l'Etat. "Ceux qui n'assumeront pas une diminution du nombre d'agents publics ne redresseront pas la France", estime le président des Républicains. "Je veux passer au bulldozer, pas simplement à la tronçonneuse, un certain nombre de normes", a-t-il ajouté, car la "bureaucratie tue" ; "on en crève partout".
Le candidat, qui est crédité de 7 à 10% des intentions de vote au premier tour dans les sondages, entend également économiser 91 milliards dans le domaine social, dont 42 milliards sur les retraites, 4 milliards sur les arrêts maladie et 10 milliards sur l'immigration. Il attend aussi des collectivités un effort de dix milliards d'euros.
Sur le total de 197 milliards d'économies, Bruno Retailleau entend en consacrer 146 à la réduction de la dépense et donc de la dette de l'Etat, qu'il chiffre aujourd'hui "à plus de 3.400 milliards". Et ce, afin qu'elle commence à reculer à partir de 2031. Quant aux 51 milliards restants, il souhaite les "rendre aux Français" : 21 milliards iraient aux ménages, via notamment la diminution de cotisations fiscales ou la facture d'électricité. "Il n'y aura pas d'impôt nouveau", a assuré le candidat. Les entreprises bénéficieraient, elles, des 30 milliards restants, grâce notamment à la suppression d'impôts de production.
Le patron des Républicains a aussi affirmé ne plus parler de "simplification", estimant que "c'est du flan !". "On ne simplifie pas une règle, on l'abroge", a-t-il justifié.
"C'est ça ou la Grèce", a également lancé le sénateur de Vendée, en brandissant la menace d'une crise de la dette comme celle qui a frappé le pays méditerranéen il y a 15 ans, convaincu que la France est "déjà entrée dans une première phase de la crise" sur les marchés où ses taux d'intérêt augmentent.
Lors de sa conférence de presse, Bruno Retailleau a sévèrement taclé ses rivaux du bloc central, les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal. "Ceux qui ont allumé la mèche ne peuvent pas prétendre l'éteindre. Ceux qui sont co-responsables de ce bilan [l'endettement de la France, NDLR] ne peuvent pas avoir la moindre légitimité pour dire qu'ils vont résoudre le problème", a commenté celui qui a été un peu plus d'un an ministre de l'Intérieur d'Emmanuel Macron (septembre 2024-octobre 2025). "Après dix ans d'En Marche, plus rien de marche !", a critiqué le candidat.
Bruno Retailleau s'en est également pris à Marine Le Pen, et son programme d'économies de 142 milliards d'euros d'ici 2032 présenté la semaine dernière. "Ça ne tient pas debout. Où sont les économies ?", a-t-il lancé, avant de le comparer à son plan de redressement : "On peut le contester [sur le fond]. Mais c'est documenté, c'est sérieux !"
(avec AFP)