"Fléau éducatif", "lacunes": un rapport parlementaire alerte sur les "heures de cours perdues" dans l'Éducation nationale

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Une salle de classe (© Wikimedia)
Une salle de classe (© Wikimedia)
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 29 septembre 2026 à 16:35

La commission des finances de l'Assemblée nationale examine, ce mardi, le rapport d'information "relatif aux heures d'enseignement perdues dans l'Éducation nationale", réalisé par le député Anthony Boulogne (Rassemblement national). L'élu y dénonce des "dispositifs statistiques lacunaires", des réponses "pas suffisantes" de la part de l'État et fait des propositions. 

Les heures d'enseignement perdues dans l'Éducation nationale ? Un "fléau éducatif", écrit le député Anthony Boulogne (Rassemblement national) dans un rapport d'information sur le sujet - consulté par LCP et examiné, ce mardi 29 septembre, par la commission des finances de l'Assemblée nationale. "Le non-remplacement de millions d'heures d'enseignement [20 millions dans les collèges et lycées publics sur l'année scolaire 2024-2025] constitue une remise en cause directe de l'effectivité du droit à l'éducation, pourtant reconnu à l'article L. 111-1 du code de l'éducation", estime le rapporteur spécial de la mission "Enseignement scolaire" du projet de loi de finances, qui ajoute que "les réponses apportées par l'État n'apparaissent pas suffisantes".

Sur l'année 2024-2025, 20 millions d'heures d'enseignement n'ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics. Et "il n'y a aucun chiffre sur les heures perdues dans le premier degré", déplore Anthony Boulogne auprès de LCP, pointant du doigt des "dispositifs statistiques lacunaires", qui "privent les responsables publics et le ministère de l'Éducation nationale d'une vision exhaustive de ce phénomène".

Cela "remet en cause la réussite scolaire de nos enfants"

Le député de Meurthe-et-Moselle l'assure : "On n'attaque personne. On est là pour constater et faire des propositions pour arriver à un système plus efficient." Son rapport avance plusieurs chiffres. Dans le premier degré, le taux de remplacement des enseignants (courte et longue durées cumulées, car il n'est pas possible de les distinguer) est inférieur à 80%. Dans le second degré, le taux de remplacement des absences de longue durée est supérieur à 94 %, mais celui du remplacement des absences de courte durée – "qui fonctionne particulièrement mal" et est "le point faible du dispositif" – est inférieur à 12%. Et ce, malgré la mise en place du "pacte enseignant" à la rentrée 2023.

"Il n'est pas possible de se satisfaire d'une situation qui remet en cause la réussite scolaire de nos enfants", énonce Anthony Boulogne, car ces absences ont "des conséquences directes pour les élèves".

Ce dernier dénonce également "le coût budgétaire total des remplacements", qui "atteint la somme faramineuse de 4,5 milliards d'euros, pour des résultats décevants" ou encore, quelques lignes plus loin, "qui laissent à désirer".

Concernant les absences des enseignants, Anthony Boulogne indique, dans son rapport, qu'il "est important de souligner que le taux d'absences pour raisons de santé des enseignants est inférieur à celui du reste de fonction publique d'État et du secteur privé" : 8,2 jours en moyenne par an, contre respectivement 8,8 jours et 10,6 jours pour le secteur privé. "Les autres congés concernent une grande variété de motifs, parmi lesquels la formation continue est le plus important", précise le député.

Les neuf recommandations du député

Dans son rapport d'une cinquantaine de pages, Anthony Boulogne fait neuf recommandations pour tenter d'améliorer le dispositif français de remplacement. Parmi celles-ci, l'élargissement au premier degré de l'enquête annuelle "Temps d'enseignement non assuré auprès des élèves" de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation nationale, afin de distinguer les absences de courte durée et les absences de longue durée. Le député souhaite aussi que soit confiée à cette dernière "une "étude mesurant la corrélation entre la qualité des conditions de travail des enseignants (notamment le taux d'incidents dans les établissements) et les absences d'enseignants"

Pour l'élu, l'attractivité du métier d'enseignant doit aussi "être une priorité". Il propose ainsi de "profiter de la baisse de la démographie scolaire" pour "augmenter la taille des brigades de remplacement dans le premier degré", ou encore de "renforcer les effectifs de la médecine du travail au sein du ministère de l’Éducation nationale".

En outre, reprenant la ligne portée par le Rassemblement national, Anthony Boulogne appelle à "réhabiliter la figure du maître d'école et de son autorité vis-à-vis des élèves, condition sine qua non de l’amélioration du climat scolaire" et se dit favorable "au renforcement des sanctions contre les élèves perturbateurs et leurs parents". De quoi faire face, à ses yeux, aux "rustines proposées par le gouvernement" qui "ne suffiront pas à attirer les jeunes générations vers un métier dont les conditions d’exercice se dégradent".