La motion de rejet des socialistes n'ayant pas été adoptée, l'examen du budget 2027 aura bien lieu à l'Assemblée

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Roland Lescure et David Amiel
Roland Lescure et David Amiel à l'Assemblée nationale, le 13 octobre 2026
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 14 octobre 2026 à 00:00, mis à jour le Mercredi 14 octobre 2026 à 00:41

La motion de rejet défendue par les députés socialistes contre le projet de loi de finances pour 2027, ce mardi 13 octobre au soir, a été écartée par l'Assemblée nationale. Plus tôt dans la journée, la décision du Rassembement national de voter contre cette motion avait mis fin au suspense. Les députés vont donc bel et bien examiner la partie "recettes" du budget de l'Etat. 

Une "sommation", un "appel au sursaut". C'est ainsi que la députée Estelle Mercier, qui a défendu la motion de rejet préalable des socialistes contre le projet de loi de finances pour 2027, a justifié l'initiative de son groupe, ce mardi soir, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. "Vous ne vous départissez pas de votre tabou absolu, la mise à contribution des plus riches", a-t-elle reproché au gouvernement, estimant qu'"il n'y a pas lieu à délibérer d'une telle copie". Un argument qui n'a pas suffi à convaincre une majorité de députés, la motion ayant été repoussée par 236 voix "contre", 149 "pour".

Alors que si la motion de rejet du groupe Socialistes avait été adoptée, l'examen de projet de loi de finances, qui venait de démarrer à la séance de 21h30, aurait été stoppé net et le texte directement envoyé au Sénat, le débat aura donc bien lieu dans les prochains jours, la discussion de la partie "recettes" étant prévue jusqu'à lundi prochain. Entre le bloc de gauche, favorable à la motion, et le bloc central, qui y était opposé, le Rassemblement national tenait l'issue du vote entre ses mains. Mais le groupe présidé par Marine Le Pen avait mis fin au suspense en début d'après-midi, le député Jean-Philippe Tanguy ayant annoncé que les députés RN voteraient contre la motion de rejet, considérant nécessaire que le débat ait lieu. 

Le RN ne sera pas "l'opposition dont le gouvernement rêve"

Après avoir vivement critiqué le projet du budget du gouvernement, le qualifiant de "mauvais, mauvais pour les comptes de la nation, mauvais pour les Français qui travaillent, et cruel pour ceux qui ont travaillé toute leur vie", l'oratrice du Rassemblement national, Sophie-Laurence Roy, a dit la volonté de son groupe de défendre ses orientations budgétaires lors de l'examen du texte. Et d'accuser les députés socialistes d'"offrir au gouvernement l'opposition dont il rêve, celle qui refuse de discuter pour qu'il puisse dire, demain, que le Parlement a déserté".

Un peu plus tôt dans la soirée, le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, avait admis "l'effort très significatif" caractérisant le projet de loi de finances, quand son collègue chargé des Comptes publics, David Amiel, avait évoqué un "budget de sauvegarde pour que le pays ne parte pas dans le décor". Dans une référence à l'actualité, en l'occurrence à la mobilisation lycéenne, ce dernier n'a pas hésité à accuser ceux des députés qui ont "dégradé le déficit public de 8 milliards d'euros, soit l'équivalent de 150 000 postes d'enseignants", lors des débats en commission la semaine dernière, de "trahir la jeunesse". 

Si Roland Lescure a indiqué que le gouvernement abordait les débats budgétaires "dans un esprit de compromis", David Amiel a précisé qu'il serait possible de "discuter du comment, mais pas du combien". A ce stade, le projet de loi de finances prévoit un effort d'économies supplémentaires de l'ordre de 43 milliards d'euros (54 milliards au total avec les économies déjà engagées précédemment), afin de ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine.