Après une semaine de blocages de lycées marquée par des tensions et des violences, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, souhaite que les cours reprennent dès demain, lundi 5 octobre, "partout où la sécurité le permet". À la veille d'une journée de mobilisation redoutée, il fixe un calendrier pour répondre à une partie des revendications des lycéens.
"À partir de ce lundi 5 octobre, le principe est que les cours devront reprendre partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent" écrit, ce dimanche 4 octobre au soir, Sébastien Lecornu dans une lettre envoyée à sept de ses ministres : Laurent Nuñez (Intérieur), Édouard Geffray (Éducation nationale), Philippe Baptiste (Enseignement supérieur), Sabrina Roubache (Enseignement professionnel), Stéphanie Rist (Santé), Marina Ferrari (Jeunesse), Françoise Gatel (Aménagement du territoire). Plus tôt dans la journée, Édouard Geffray avait indiqué que, par mesure de sécurité, les cours seraient "totalement ou partiellement" suspendus dans 400 à 500 lycées (sur 3.700) lundi en France, à la veille d'une nouvelle journée de blocages [mardi] redoutée par le gouvernement.
Dans son courrier, le Premier ministre annonce que "cinq chantiers" vont être mis en œuvre "pour répondre aux difficultés des lycéens et des personnels". "Nous demandons aux lycéens de travailler et de préparer leur avenir ; ils doivent pouvoir compter sur nous pour leur en donner les moyens, quels que soient leur milieu social, leur territoire ou leur voie de formation", indique le chef du gouvernement, qui réaffirme son "soutien aux élèves et personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés".
Concrètement, Sébastien Lecornu demande à ses ministres de "lancer dans chaque académie un traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus" et de lui transmettre un premier bilan à la mi-octobre. Concernant les conditions d'enseignement, une réunion en visioconférence sera organisée mardi 6 octobre avec les présidents des conseils régionaux dans le but d’"identifier les urgences, préciser qui agit, et établir un calendrier" des interventions.
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"Les améliorations possibles des emplois du temps", en lien avec les autorités locales responsables des transports, seront aussi examinées et le cas échéant proposées au retour des vacances de la Toussaint.
Le Premier ministre souhaite également que "les ministres chargés de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur proposent, avant fin octobre, des améliorations réelles pour la campagne [Parcoursup] 2027". Le dernier chantier, qu'il juge "sans doute le plus important", vise à "donner des suites visibles à la parole des lycées", notamment via l'écoute des conseils de la vie lycéenne et une plateforme dédiée.
Sur l'ensemble de ces points, Sébastien Lecornu indique qu'il "procédera aux arbitrages nécessaires", en tenant compte des "contraintes de nos finances publiques". "La confiance se rétablira lorsque chacun pourra constater ce qui change dans son lycée", estime-t-il également.
"Le gouvernement fait un pas, mais ne cède pas à la violence", commente Matignon. Insistant sur la "fermeté" nécessaire "face aux violences", le chef du gouvernement indique aussi, dans son courrier du jour, que l'examen du projet de loi "casseur-payeur" sera accéléré. Et ce, "pour mieux faire supporter aux auteurs de dégradations le coût des dommages causés".