Parcoursup "transformé", suppressions de postes annulées...: Les réponses du gouvernement à la mobilisation lycéenne

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Edouard Geffray, le 26 octobre 2026.
Edouard Geffray, le 26 octobre 2026.
par Maxence Kagni, le Lundi 26 octobre 2026 à 20:30, mis à jour le Lundi 26 octobre 2026 à 20:35

Le gouvernement a présenté lors d'une conférence de presse, ce lundi 24 octobre au soir, les premières mesures qu'il entend mettre en oeuvre pour répondre à la mobilisation lycéenne. En plus de promettre un remplacement de Parcoursup en 2028, l'exécutif a annoncé revenir sur les suppressions de postes initialement prévues l'année prochaine dans le second degré. 

"Parcoursup sera transformé cette année et remplacé l'année prochaine", a annoncé ce lundi soir le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray. Après avoir reçu les organisations lycéennes et étudiantes ce lundi, le gouvernement a présenté lors d'une conférence de presse les premières mesures qu'il entend mettre en oeuvre pour répondre, au moins en partie, aux revendications exprimées ces dernières semaines. 

Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a promis "une évolution forte dès cette année" de la plateforme Parcoursup, dont l'abrogation est l'une des principales demandes du mouvement lycéen. La plateforme sera ensuite remplacée par un "nouvel outil en 2028", a indiqué le ministre.

Plus de "transparence"

Dès la rentrée 2027, la plateforme devra donc être plus "lisible", avec "des informations plus claires". De plus, ces informations seront transmises aux élèves "dès la classe de seconde" et des petites vidéos devront permettre de "décrire le contenu" des formations proposées. Par ailleurs, ces formations devront "justifier la raison pour laquelle elles veulent une lettre de motivation" de la part des candidats et les refus pourront donner lieu à "un droit à l'explication".

Le gouvernement promet aussi plus de "transparence" sur les algorithmes utilisés par les différentes formations : "Chaque formation affichera et expliquera quels sont les traitements automatisés qu'elle utilise", a affirmé Philippe Baptiste.

"Il y a un certain nombre de paramètres de Parcoursup qui ne peuvent être changés que si la loi évolue", a précisé le ministre. Le gouvernement souhaite d'ailleurs s'appuyer sur le débat qui sera organisé à l'Assemblée nationale, ce mercredi, pour proposer des pistes d'amélioration "plus durables". Parmi les mesures qui pourraient entrer en vigueur à la rentrée 2028 figurent la suppression de la mention du lycée d'origine ainsi qu'un "droit à l'erreur concret".

Des suppressions de postes annulées

"Les 836 suppressions de postes qui étaient prévues dans le second degré public seront annulées par amendement du gouvernement" au projet de budget pour l'année prochaine, a déclaré Edouard Geffray. Le ministre de l'Education nationale a également annoncé la création de 500 postes de professeurs supplémentaires dans le secondaire public, à destination des lycées. Son collègue de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste a, pour sa part, annoncé une indexation des bourses sur l'inflation, pour un montant de 37 millions à la rentrée 2027.

Evoquant la question de la "pression scolaire", Edouard Geffray a promis, "dès la rentrée 2027", de plafonner à 28 élèves certaines classes de seconde. Cette restriction s'appliquera "dans les 50% de lycées les moins favorisés" dès la rentrée 2027 et sera généralisée à la rentrée 2028. Une baisse du nombre d'élèves est également prévue "dans les groupes les plus nombreux, en première et terminale, notamment dans les spécialités".

De l'argent pour rénover les bâtiments

Sur la question du bâti scolaire, Edouard Geffray a expliqué que le gouvernement avait décidé "d'ouvrir 4 milliards d'euros de lignes de crédits supplémentaires dans le cadre des prêts à taux bonifié aux régions et aux départements pour les collèges et les lycées". Cette somme s'ajoutera aux "1,5 milliard d'euros qui avaient déjà été engagés au titre de la rénovation des lycées". Un milliard d'euros sera également débloqué d'ici 2029 pour rénover les campus universitaires.

Le gouvernement ouvrira également "dès demain" un chantier "pour questionner la place du contrôle continu au baccalauréat", "notamment pendant l'année de première". Deux autres chantiers seront ouverts : celui des "combinaisons de spécialité" et celle de "la place de l'enseignement scientifique et des mathématiques en première et terminale". L'objectif est de pouvoir adopter des mesures en la matière "dès la rentrée prochaine".

Par ailleurs, le gouvernement a promis la création entre 2027 et 2028 de 15 000 places nouvelles dans l'enseignement supérieur, "en premier lieu en Ile-de-France". Ces nouvelles places seront avant tout destinées "aux bacheliers technologiques et professionnels" dans les IUT et les BTS.

Les organisations lycéennes "iront jusqu'au bout"

"Nous avons eu quelque chose, déjà on a la peur du gouvernement", a réagi au micro de BFMTV, quelques minutes avant la conférence de presse de l'exécutif, le vice-président de l'organisation Les Lycéens ! Louis Letoublon. Selon lui, les organisations lycéennes et étudiantes doivent "s'engouffrer dans la brèche pour en tirer un maximum de choses". Le vice-président de l'organisation Les Lycéens ! annonce qu'il est favorable à un maintien de la mobilisation : "Tout n'est pas encore satisfait et nous irons au bout", a-t-il déclaré. 

Nathanaël Combary, le président du Renouveau lycéen - et par ailleurs membre du parti Renaissance - a pour sa part salué des "annonces qui vont dans notre sens". Il a appelé à se "féliciter de ce que nous avons fait", tout en disant attendre des "retours concrets sur le terrain".