Le candidat de Renaissance à l'élection présidentielle, Gabriel Attal, a plaidé sur TF1, ce mercredi 28 octobre au soir, pour l'organisation d'une "grande primaire des démocrates" pour "empêcher un deuxième tour dont notre pays ne se relèverait pas entre La France insoumise et le Rassemblement national".
Ces dernières semaines, Gabriel Attal avait assuré, à plusieurs reprises, ne pas être opposé à l'idée d'une primaire, sans jamais l'appeler formellement de ses vœux. C'est désormais chose faite. "Il est temps d'être tous responsables et d'organiser le rassemblement auquel des millions de Français aspirent à travers une grande primaire", une "grande primaire des démocrates", a déclaré sur TF1 l'ancien Premier ministre et actuel candidat de Renaissance pour l'élection présidentielle. "Je crois qu'il faut mettre de côté nos egos", a-t-il ajouté, considérant que la France "ne se relèverait pas" d'un second tour entre le Rassemblement national et La France insoumise.
Quel serait le périmètre d'une telle primaire ? Gabriel Attal a dit "tendre la main" à tous les candidats "qui sont très clairs sur leur refus de toute alliance avec l'extrême gauche ou avec l'extrême droite". A ses yeux, il faut aussi que les postulants "partagent un certain nombre de valeurs", telles que "l'autorité, la laïcité, la lutte contre les discriminations, la construction européenne, la compétitivité de notre économie, le progrès social et écologique".
Interrogé sur le candidat d'Horizons et lui aussi ex-Premier ministre, Edouard Philippe, qui répète son refus d'un tel processus de sélection, le secrétaire général de Renaissance s'est dit "convaincu que ceux qui feront le choix de rester à l'écart de ce moment de rassemblement (...) porteront quelque part la responsabilité de la division". Et de renchérir : "C'est une aventure collective qu'on doit organiser."
Tout candidat qui souhaiterait s'allier avec Marine Le Pen, Sarah Knafo ou Jean-Luc Mélenchon n'a pas vocation à rejoindre cette primaire. Un proche de Gabriel ATTAL
Dans l'entourage de Gabriel Attal, on explique que cet appel solennel à la primaire a été décidé lundi, "face à l'effondrement du bloc central dans les sondages" et après "des retours terrain très convergents sur la nécessité de l'union". Le chef de file des députés du parti présidentiel a échangé par téléphone sur le sujet avec plusieurs élus, notamment des Républicains, ces derniers jours. Charge maintenant à Bruno Retailleau et à David Lisnard – cités au même titre qu'Edouard Philippe pour prendre part à ce processus – de "clarifier" leur position "sur le refus des extrêmes". "Tout candidat qui souhaiterait s'allier avec Marine Le Pen, Sarah Knafo ou Jean-Luc Mélenchon n'a pas vocation à rejoindre cette primaire", précise un proche de Gabriel Attal, qui parle d'un point "pas négociable".
Quid de Raphaël Glucksmann ? "Je ne pense pas qu'il s'engage sur ce chemin-là", alors qu'il "sort d'une primaire", estime le même.
Reste à convaincre l'ensemble du bloc central, ainsi que la droite, et à discuter des modalités d'un tel scrutin. "Le but n'est pas d'arriver avec une proposition ferme et définitive", mais de "briser le tabou de cette primaire" et de "mettre cet objet sur la table", avance-t-on dans le camp Attal, où l'on parle d'un "exercice à décantation assez lente, qui peut prendre plusieurs semaines". Pour l'heure, ni Edouard Philippe, ni Bruno Retailleau, ni David Lisnard, n'ont officiellement réagi à la proposition du patron de Renaissance.