Lors du premier débat de la primaire sociale-démocrate, la question de la relation avec LFI est apparue comme l'un des principaux points de fracture entre Ségolène Royal, Olivier Faure, Emmanuel Maurel, Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj.
Jean-Luc Mélenchon est l'absent le plus présent du débat. Lors du premier débat télévisé de la primaire de gauche, une importante ligne de fracture est apparue entre les candidats à la candidature présidentielle. Quelle attitude adopter face à La France insoumise ? C'est le sujet qui a divisé, en particulier d'un côté Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj, de l'autre Olivier Faure, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal.
Raphaël Glucksmann est le plus catégorique à ce sujet. "Il n’y aura pas d’accord à la présidentielle avec les insoumis, ni aux législatives", assure le candidat de Place publique, promettant des candidats dans toutes les circonscriptions. Il justifie également cette rupture par des désaccords de fond : "On ne peut pas s’associer avec des gens qui font siffler les noms juifs dans des meetings."
Jérôme Guedj défend lui aussi une ligne de séparation avec LFI. "Moi, j’ai refusé l’accord avec LFI en 2024, j’ai pris le risque et j’ai été élu", souligne-t-il. Il a même crée le moment de tension le plus important du débat, en parlant de "soumission" à l'égard des insoumis. Des mots qui ont heurté particulièrement Ségolène Royal, qui revendique de n'être soumise "à personne". Le député de l'Essonne explique que, selon lui, en cas de victoire de l’extrême droite à la présidentielle, "si dans le front républicain il y a LFI, il ne marchera pas".
Olivier Faure ne partage pas ce point de vue. Le premier secrétaire du PS rappelle que les députés socialistes votent actuellement "à 80 % avec les insoumis" à l’Assemblée et estime que la gauche aura besoin de ces "convergences". "Il faut ramener vers nous les électeurs de Jean-Luc Mélenchon", juge-t-il.
Emmanuel Maurel refuse, lui, que la campagne se transforme en référendum sur Jean-Luc Mélenchon. Il reconnaît néanmoins "un problème avec LFI, et notamment Mélenchon". Mais il s'interroge sur l’alternative. "S’allier avec la droite n’est pas l’option que je préconise", lance-t-il. En cas de victoire de Marine Le Pen, il défendrait donc la constitution d’un "front républicain".
Ségolène Royal se situe dans une logique similaire d’union. Pour elle, "il ne faut pas insulter les électeurs insoumis". Refusant toute alliance avec les macronistes, elle plaide pour "un accord avec les autres forces de gauche", à commencer par les écologistes et les communistes".
Derrière la question des alliances avec LFI se dessinent deux stratégies pour 2027. Celle d’une gauche qui veut tourner la page Mélenchon, estimant qu'il est allé trop loin sur certains sujets, et celle qui considère qu’elle ne pourra l’emporter sans une partie de ses électeurs.