Procréation médicalement assistée: Marine Tondelier apporte son soutien à une proposition de loi visant à légaliser un examen interdit en France

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par Pierre Levrel, le Mardi 3 novembre 2026 à 14:28, mis à jour le Mardi 3 novembre 2026 à 14:41

La candidate écologiste à l'élection présidentielle, Marine Tondelier, a apporté son soutien à une proposition de loi visant à légaliser le "diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies" (DPI-A), auquel elle-même a recouru lors de son parcours infructueux de procréation médicalement assistée (PMA). Ce test, interdit en France, permet de s'assurer que l'embryon implanté dans l'utérus au moment d'une fécondation in vitro ne présente pas d'anomalie chromosomique.

À l'occasion de la journée de la fécondité, la candidate à l'élection présidentielle et patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a annoncé son soutien sur Instagram à une proposition de loi transpartisane présentée la semaine dernière à l'Assemblée nationale, dont l'objectif est de légaliser le "diagnostic génétique préimplantatoire des aneuploïdies" (DPI-A). Pour appuyer ce soutien, elle a fait part de sa propre expérience, ayant elle-même recouru au test.  

Un diagnostic interdit en France

Le DPI-A permet d'examiner la composition chromosomique des embryons avant leur implantation dans l'utérus, à l'occasion d'une fécondation in vitro (= l'union d'un spermatozoïde et d'un ovocyte organisée à l'extérieur du corps). Ce diagnostic permettrait de limiter très fortement les fausses couches, de 39% à 2,7% selon une étude. Comme le rappelait la députée Constance de Pélichy (Liot), première signataire de la proposition de loi transpartisane visant à légaliser cet examen, sur 88.000 fécondations in vitro menées chaque année en France, 65.000 ne donnent lieu à aucune naissance.

Or, le DPI-A est encore illégal en France et continue de nourrir des réticences. Les opposants au test dénoncent des examens pouvant faire le lit de l'eugénisme, en sélectionnant les embryons les plus aptes et en ouvrant la porte à des choix en matière de capital génétique. La proposition de loi s'efforce de répondre à ces inquiétudes dans son exposé des motifs : "L'examen a pour seul objet la détermination du nombre de chromosomes de l'embryon. Il ne peut être utilisé à des fins de choix du sexe de l'enfant à naître ni pour la recherche de toute autre caractéristique génétique", peut-on lire. 

Des contournements à l'étranger

Malgré son interdiction, le DPI-A est aujourd'hui ouvert à des femmes informées qui disposent des capacités financières pour y recourir hors de France - puisqu'il est autorisé dans plusieurs pays de l'Union européenne. Marine Tondelier indique, dans sa publication Instagram, avoir dépensé plus de 10.000 euros dans un cycle FIV en Belgique. "Et ce n'est pas acceptable, car ça signifie que toutes les femmes ne peuvent pas y accéder", complète la conseillère régionale des Hauts-de-France. 

J'ai rencontré des femmes qui en sont à 80.000 euros de dépenses de DPI-A dans les pays européens où c'est autorisé. 
Marine Tondelier, dans une publication Instagram mise en ligne le 2 novembre. 

La secrétaire nationale des Écologistes explique qu'elle-même présentait trois embryons anormaux sur un plan chromosomique, sur les cinq examinés, qui n'étaient donc pas viables pour une grossesse. 

Lors de la présentation du texte, la semaine passée, Constance de Pélichy (Liot) a souhaité une première lecture rapide de la proposition de loi, qui a été déposée le 13 octobre, plutôt que l'ajout d'une disposition à une future loi de bioéthique - qui retarderait de plusieurs années une évolution du droit. Pour ce faire, la députée plaide pour l'inscription de cette proposition à l'ordre du jour transpartisan de l'Assemblée nationale, au cours de la première semaine du mois de décembre.