Le patron des Républicains et candidat à l'Élysée, Bruno Retailleau, a dévoilé mardi 22 septembre au soir, la réforme des retraites qu'il propose aux Français dans le cadre de l'élection présidentielle. Il souhaite instaurer un âge de départ minimal à 63 ans, un départ à taux plein à 65 ans, et l'introduction d'une part de capitalisation "pour les jeunes".
"L'âge minimal de départ, c'est 63 ans", a déclaré mardi soir sur LCI le candidat des Républicains à l'élection présidentielle, Bruno Retailleau, à propos de la réforme des retraites qu'il mettrait en oeuvre en cas d'élection à l'Élysée. Ce départ à 63 ans aura "une décote de 7 % par an", a prévenu le sénateur, tandis que le départ à taux plein automatique serait fixé à 65 ans et non à 67 comme actuellement. Et ce, "même si vous n'avez pas toutes vos annuités, tous vos trimestres", a-t-il précisé.
En revanche, Bruno Retailleau a indiqué que cet âge de 65 ans pour le départ à taux plein pourra "bouger". Il souhaite en effet établir une relation "entre l'âge de départ à taux plein et l'espérance de vie". En clair, si l'espérance de vie augmente, l'âge de départ à taux plein progressera également. Les détails précis de la prise en compte de l'évolution de l'espérance de vie n'ont pas encore été fixés par l'équipe du candidat. L'âge minimal de départ de 63 ans ne sera, quant à lui, pas indexé sur l'espérance de vie.
La réforme défendue par l'ancien ministre de l'Intérieur prendrait en compte le handicap, les maladies, la pénibilité du travail et l'usure professionnelle, selon des dispositifs déjà en vigueur. Bruno Retailleau a fait savoir qu'il prévoyait de lancer des consultations avec les partenaires sociaux, afin de déterminer les professions concernées. Par ailleurs, les personnes ayant commencé à travailler quand elles étaient jeunes et ayant une carrière complète pourraient partir à taux plein à 63 ans, mais seraient incitées à continuer à travailler jusqu'à 65 ans via une exonération de certaines cotisations.
Cette réforme a pour objectif, selon le candidat LR à la présidentielle, de "sauver la retraite par répartition". Il assure que son projet permettrait de faire "40 milliards d'économies en cumulé sur cinq ans". Son entourage défend une réforme exigeante, responsable, mais qui tient compte de ceux qui ont commencé à travailler à un jeune âge, ainsi que des carrières hachées, en particulier celles des femmes qui pour beaucoup sont actuellement obligées de travailler jusqu'à 67 ans pour partir à taux plein.
-> Lire aussi - Présidentielle: que proposent les candidats à l'Élysée sur les retraites?
Par ailleurs, Bruno Retailleau propose l'introduction d'une part de retraite par capitalisation "pour les jeunes", avec un rendement fixé à au moins 4 %. "C'est fondamental pour les jeunes, mais aussi pour nos entreprises si, demain, on ne veut pas que ce soient des fonds américains ou étrangers qui les rachètent", a expliqué le candidat des Républicains, qui cherche à décoller dans les sondages, dans lesquels il stagne entre 6 et 10% d'intentions de vote.
Cependant "ce pilier là de la capitalisation, ce n'est pas pour aujourd'hui, ce n'est pas pour les retraités d'aujourd'hui", a insisté Bruno Retailleau, avant de détailler la part de capitalisation envisagée pour contribuer au financement de la future retraite des jeunes. Dans un premier temps, il a expliqué vouloir que cela "représente à peu près un quart, soit 25 à 30% des retraites des jeunes qui rentrent sur le marché du travail". L'une des pistes envisagées pour financer cette part de capitalisation consisterait en une cotisation de 1 % du salaire brut, répartie entre le salarié et l'employeur.
(avec AFP)