l'ex-Premier ministre, Édouard Philippe, qui reste le mieux placé parmi les candidats de la droite et du centre en vue de 2027 selon les sondages, a dit mardi 8 septembre "tendre la main" aux chefs des partis de cet espace politique en leur proposant de former un "comité", avec un premier rendez-vous qu'il envisage "autour de la Toussaint".
Alors qu'il réunissait mardi soir pour la première fois son "comité politique", en présence de ses soutiens, parmi lesquels les ministres Maud Bregeon et Gérald Darmanin, Édouard Philippe a annoncé vouloir réunir "autour de la Toussaint" les responsables des différents "partis" et "courants" de "la droite et du centre" pour explorer les "convergences programmatiques" et commencer à préparer les élections législatives.
L'ex-Premier ministre "va prendre l’initiative de proposer aux familles de la droite et du centre de se réunir à la Toussaint pour parler de la suite, pour parler de l’après, pour une sorte de 'Comité de l'après'", a indiqué à la presse le secrétaire général du parti, Christophe Béchu. Le périmètre politique ? Du MoDem de François Bayrou à Nouvelle Énergie de David Lisnard.
"Si nous continuons à nous diviser, nous ne gagnerons pas", a insisté à l'issue de la réunion Édouard Philippe, qui va, par ailleurs, quitter la "présidence exécutive" du parti Horizons, qu'il a fondé en 2021.
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"Non, je n'irai pas", a dans la foulée répondu Bruno Retailleau, le patron et candidat des Républicains, sur CNews. "Parce que c'est une réunion pour les macronistes entre les macronistes", a-t-il justifié, assurant ne pas vouloir "arrêter la course" avant le scrutin présidentiel de 2027. "Cette élection, elle ne se gagnera pas au centre. Elle ne se gagnera pas en essayant de prolonger l'expérience Macron. Elle se gagnera à droite. Et je suis un candidat de droite, avec des convictions de droite", a affirmé l'ancien ministre de l'Intérieur.
Invité de franceinfo ce mercredi matin, Gabriel Attal, le chef de file et candidat de Renaissance, a eu une réaction moins tranchée, renvoyant au "comité de liaison" qu'il avait lui-même souhaité au printemps et qui réunit régulièrement un représentant de son parti, d'Horizons, du MoDem, de l'UDI et du Parti radical – mais pas les candidats eux-mêmes. "C'est évidemment important de discuter, mais vous savez des réunions, il y en a tous les mois. Il y en aura une encore aujourd'hui", a déclaré l'ex-Premier ministre, laissant entendre qu'il n'y avait pas d'urgence à préparer l'après présidentielle.
Auprès de LCP, l'entourage de Gabriel Attal voit dans la proposition d'Édouard Philippe "un signe de fébrilité", alors que Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) est en dynamique dans les sondages.
"Avant cette question du rassemblement, l'enjeu c'est d'abord de parler aux Français de ce qu'on veut proposer pour eux et pour le pays (...). Il faut qu'en 2026, on ait une vraie campagne", a fait valoir le patron des députés du parti présidentiel. Et Gabriel Attal d'ajouter : "Il faut déjà gagner la présidentielle. Aujourd'hui, dans les sondages, aucun des candidats de cet espace politique [de la droite et du centre] ne gagne l'élection."
S'il n'est "pas question d'acter la fin" du comité de liaison, ce dernier "ne recoupe pas tout l’espace de la droite et du centre" avait, pour sa part, considéré Christophe Béchu, le secrétaire général d'Horizons.
Nul doute que le sujet sera au menu du comité de liaison du jour. Qu'en restera-t-il ? "Aucun des candidats ne peut se prévaloir d'une légitimité suffisante pour convoquer de son propre chef les autres familles politiques", a commenté François Bayrou, le leader du MoDem, auprès de Politico. "Édouard Philippe a raison, mais c'est un peu tôt. Il aurait eu plus de succès dans quelques semaines", estime pour sa part un ministre sollicité par LCP.
En vue de la présidentielle, Édouard Philippe et Gabriel Attal ont tous deux évoqué un ralliement en faveur du mieux placé, entre novembre et février pour le premier, plutôt en début d'année prochaine pour le second ; mais pas résolu la question du "comment".