Le député des Hauts-de-Seine a adressé ce lundi une lettre aux candidats à l'élection présidentielle afin de les interroger sur la dette, "l'un des enjeux majeurs du débat présidentiel". Les éventuelles réponses "contribueront aux travaux de la commission des finances", affirme l'élu.
Le rapporteur du budget Philippe Juvin (Droite républicaine) veut mettre la question de la dette au centre de la campagne présidentielle. Le député des Hauts-de-Seine a adressé ce lundi une lettre aux candidats déclarés afin de les mettre en garde contre "la dynamique de notre dette publique et de sa charge".
Dans sa missive, que LCP s'est procurée, Philippe Juvin interroge les candidats afin de "connaître leur vision du redressement de nos comptes publics et les engagements qu’ils seraient prêts à prendre devant les Français". "Notre pays s’apprête à entrer dans une période décisive pour l’avenir de ses finances publiques", écrit Philippe Juvin, qui estime que "le débat présidentiel gagnerait à offrir aux Français une vision claire et sincère des engagements budgétaires de chacun".
Car le député des Hauts-de-Seine, qui s'appuie sur les "constats" dressés par la Cour des comptes en juin, est alarmiste : selon lui, "la dynamique de notre dette publique" constitue "une contrainte majeure pour l'action publique". "La dette dépasserait 3 600 milliards d'euros dès 2026, soit près de 119 % du PIB, et la charge des intérêts, proche de 78 milliards d'euros cette même année, pourrait franchir le seuil des 100 milliards avant la fin de la décennie", écrit l'élu.
Dans un tel contexte, "une part croissante de nos ressources est appelée à financer le coût de l'endettement", analyse Philippe Juvin, qui estime "qu'aucun projet politique (...) ne peut prospérer sur ce terrain-là". S'appuyant sur les chiffres de la mission sur la transparence des finances publiques, le député affirme aussi qu'à "politique inchangée", "le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB dès 2027 et 6,8 % en 2030, tandis que la dette publique dépasserait 130 % du PIB".
Le rapporteur général du budget ajoute que la mission "estime qu’un ajustement de l’ordre de 126 milliards d’euros d’ici 2032 serait nécessaire pour stabiliser le ratio de dette publique, en tenant compte de sa dérive tendancielle". "Le rapport souligne la nécessité d’engager cet effort dès 2027", écrit Philippe Juvin.
L'élu estime d'ailleurs que l'élection présidentielle est "le moment où les décisions difficiles peuvent être prises, parce que la légitimité populaire conférée au vainqueur lui donne la force politique pour les assumer". L'élu croit en effet que les Français "savent que les promesses [électorales] n'ont de valeur que si elles sont soutenables".
Philippe Juvin demande donc dans sa missive que les candidats à l'élection présidentielle lui transmettent des éléments concernant "les objectifs [qu'ils se fixent] en matière de redressement des finances publiques", "les réformes structurelles [qu'ils envisagent] sur les dépenses et les recettes" ainsi que les "priorités" du "premier projet de loi de finances du prochain quinquennat".
L'ensemble des réponses seront transmises aux députés de la commission des finances de l'Assemblée nationale et "contribueront aux travaux de la commission". "Elles participeront, j'en suis convaincu, à éclairer le débat public sur l'un des enjeux majeurs du débat présidentiel", conclut le rapporteur général du budget.
"Je trouve que c'est une bonne idée et une façon d'impliquer la commission dans une campagne dans laquelle les questions budgétaires et économiques seront importantes", réagit auprès de LCP le président de la commission des finances, Eric Coquerel (LFI). En revanche, même si la session parlementaire à venir risque d'être marquée par les futurs débats électoraux, le député de Seine-Saint-Denis estime que ce n'est pas le rôle de la commission des finances d'organiser un débat autour des réponses formulées par les candidats ou même d'auditionner directement ceux-ci.