Messe du Pape à Paris: pourquoi des places ont été proposées aux députés

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Le pape Léon XIV lors d'une messe au Vatican, le 26 août 2026.
Le pape Léon XIV lors d'une messe au Vatican, le 26 août 2026. AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mardi 1 septembre 2026 à 16:26

À l’occasion de la messe célébrée par le pape Léon XIV le 26 septembre à Paris, l’Assemblée nationale a proposé aux députés de bénéficier de places réservées pour les parlementaires intéressés. Une initiative qui fait réagir Alexis Corbière, élu du groupe Écologiste et Social, qui dénonce une entorse au principe de laïcité.

La venue du pape Léon XIV à Paris s’invite déjà dans le débat sur la laïcité à l’Assemblée nationale. Cela part d'un message envoyé en août par les services de l'Assemblée nationale, par "la division du protocole" plus précisément, aux secrétaires généraux des différents groupes de l'Assemblée nationale.

Affirmant avoir été "informés" par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères "des modalités d'assistance à la messe solennelle" du pape Léon XIV, qui sera célébrée le 26 septembre place de la Concorde, ils y affirment que la cérémonie religieuse "ne fera pas l'objet d'une invitation officielle", mais que "les députés qui souhaitent y assister pourront bénéficier de places assises, dans un carré réservé aux autorités, dans la limite des places disponibles", selon le mail consulté par LCP.

"Compte tenu du nombre élevé des demandes, la Conférence des évêques de France (CEF) a sollicité le protocole d'État afin que lui soit transmise, dans les meilleurs délais, une liste des parlementaires souhaitant assister à cette célébration", peut-on également y lire. Les députés avaient jusqu'au 25 août pour faire part de leur souhait d'y prendre part.

"Problématique", pour Alexis Corbière

De quoi faire réagir le député Alexis Corbière (Écologiste et social). "Léon XIV est bienvenu, mais cette méconnaissance de la laïcité m'agace", a commenté l'élu sur X le 20 août. Puis, répondant à plusieurs tweets, il a ajouté juger "problématique que l'Assemblée indique aux députés comment faire pour assister à une messe". "La venue du Pape est un événement. Mais pourquoi faire des choses que l’on ne fait pas pour d’autres cultes ?", a développé Alexis Corbière. 

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Le député du Rassemblement national Christophe Bentz lui a répondu sur le même réseau social et a tenu à rappeler à son collègue, "qu'en plus d'être le chef de l'Église catholique, le Pape est un chef d'État reçu en France". "Il n'y a donc rien d'anormal que l'Assemblée nationale participe à l'organisation, en lien avec le groupe parlementaire France-Saint Siège", auquel lui-même appartient, estime l'élu de la Haute-Marne.

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Un groupe d'études sur les relations avec le Saint-Siège

A l'Assemblée nationale, les députés ont en effet la possibilité de se réunir au sein de groupes d'amitié ou de groupes d'études. Il existe également sept "groupes d'études à vocation internationale" : sur la Biélorussie, la Corée du Nord, les Îles du Pacifique, la Libye, la Syrie, Taïwan et donc le Vatican.

Ce dernier, dédié aux "relations avec le Saint-Siège", comprend 83 députés, dont 31 sont membres du groupe Rassemblement national. On retrouve aussi 12 élus de la Droite républicaine, 10 d'Ensemble pour la République, 9 des Démocrates, 6 députés UDR, 4 de La France insoumise, 2 d'Horizons, 1 socialiste, et 4 non inscrits. 

Pour les députés inscrits, "la division du protocole se chargera de transmettre les souhaits de participation au Quai d'Orsay", précise le courrier envoyé aux groupes parlementaires. Ce n'est qu'après que les élus recevront leurs "invitations", "directement par la Conférence des Évêques de France aux adresses électroniques de l'Assemblée des députés concernés".

Selon le site internet de l'Assemblée nationale, la "division du protocole" participe notamment "à l'organisation des cérémonies comportant une représentation de l'Assemblée ou de ses instances, ainsi qu'à l'accueil des personnalités et délégations étrangères".