Lors d'une conférence de presse organisée mardi, le député Paul Vannier a dévoilé le "plan d'urgence" de LFI pour l'éducation. Il prévoit de revaloriser les professeurs, l'embauche de nouveaux enseignants mais aussi l'adaptation des établissements scolaires au changement climatique.
50 milliards d'euros pour rénover les écoles. Ce mardi, le député Paul Vannier a présenté les grandes lignes du "plan d'urgence pour la rentrée scolaire" du groupe La France insoumise, lors d'une conférence de presse organisée à l'Assemblée nationale. "Les conséquences du changement climatique nécessitent un plan massif d'investissements dans la rénovation de nos écoles publiques", a commenté l'élu du Val-d'Oise.
Les députés LFI proposent pour cela de planifier la mobilisation de cinq milliards d'euros par an pendant dix ans, soit 50 milliards d'euros sur la période, "à travers une augmentation du fonds vert". L'objectif est notamment d'installer la climatisation, des ventilateurs, des stores ou des brise-soleils dans les établissements scolaires, mais aussi d'installer des points mobiles d'eau "partout où c'est nécessaire". Des travaux de rénovation thermique du bâti scolaire et la création de cours végétalisées seraient aussi engagés.
"Les effets du changement climatique mettent en cause le fonctionnement du service public de l'éducation", a commenté ce mardi le député LFI Paul Vannier, expliquant qu'en juin, "6 000 établissements scolaires ont été affectés par les conséquences de la canicule" et que "1 800 d'entre eux ont dû fermer".
Paul Vannier a présenté les autres mesures du "plan d'urgence" de La France insoumise, qui prévoit une "gratuité réelle de l'école", c'est-à-dire la gratuité pour tous des fournitures et des manuels scolaires. La gratuité de la cantine, des transports et du périscolaire serait quant à elle réservée "prioritairement pour les familles les plus pauvres". Cette mesure, qui est en cours de chiffrage, coûterait "une dizaine de milliards d'euros".
LFI souhaite également recruter de nouveaux enseignants, en créant une "session supplémentaire au concours dès cet hiver" et en titularisant les contractuels qui le souhaitent. Le but : lutter contre le "scandale absolu" des "plus de 15 millions d'heures non remplacées chaque année".
La France insoumise propose aussi d'augmenter les salaires des enseignants, en rattrapant "immédiatement" le gel du point d'indice des fonctionnaires depuis 2010, soit une hausse de 20 % dès la première année d'un éventuel quinquennat de Jean-Luc Mélenchon. LFI désire aussi ouvrir des négociations salariales avec les organisations syndicales.
Les députés du mouvement de Jean-Luc Mélenchon souhaitent enfin permettre un meilleur accueil des élèves en situation de handicap en créant un "nouveau corps de fonctionnaires" d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), recrutés en catégorie B, avec un temps plein de 24 heures.
L'ensemble de ces mesures, dont le coût total est encore en cours d'évalutation par La France insoumise, pourrait notamment être financée par la réforme de l'héritage souhaitée par LFI, a précisé Paul Vannier. "Nous défendons une réforme qui consiste, au-dessus de 12 millions d'héritage, à tout prendre", a rappelé le député, qui précise que celle-ci pourrait rapporter 10 milliards d'euros par an.
Si les propositions formulées ce mardi sont "celles du groupe LFI à l'Assemblée nationale" et sont "destinées à répondre aux urgences de la rentrée", explique Paul Vannier, elles pourraient ressembler à celle du candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Le député précise que la présentation du programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon sur l'éducation "interviendra plus tard" mais celui-ci sera "bien évidemment cohérent avec les annonces du jour".