Présidentielle 2027: ce qu'il faut retenir du premier débat entre les candidats

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Les sept principaux candidats à l'élection présidentielle, le 27 août 2026 devant le Medef
Les sept principaux candidats à l'élection présidentielle, le 27 août 2026 devant le Medef. THOMAS SAMSON / AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 27 août 2026 à 20:55, mis à jour le Jeudi 27 août 2026 à 20:57

Dette, retraites, normes... Sept candidats à l'élection présidentielle (Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Marine Tondelier et Gabriel Attal) ont débattu pour la première fois de la campagne ce jeudi, en s'affrontant sur les grands sujets de préoccupation des entrepreneurs français, lors de l'université de rentrée du Medef. Résumé.

Pendant plus de trois heures ce jeudi 26 août, les sept principaux candidats à l'élection présidentielle* ont développé leur programme économique devant les entrepreneurs réunis pour l'université de rentrée du Medef, en répondant à des questions sur la dette de la France, la réforme des retraites, la réindustrialisation, le coût du travail ou encore la simplification et la fiscalité. Sans surprise, de grandes divergences sont apparues entre les différents prétendants, qui s'exprimaient à Roland-Garros, sur le court Philippe Chatrier.

Recevoir de vous des leçons d'écologie après l'été qu'on a passé ? Il y a une limite à l'arrogance. Raphaël Glucksman à gabriel attal

Taclant le bilan d'Emmanuel Macron, plusieurs des présents ont vivement critiqué ceux qui ont été au pouvoir ces dernières années, au rang desquelles les anciens premiers ministres Édouard Philippe (Horizons) et Gabriel Attal (Renaissance). "Je suis admirative, quand même, des gens qui ont participé à la majorité depuis dix ans et qui ont plein, plein d'idées qui n'ont jamais, jamais été mises en œuvre", a ainsi lancé Marine Le Pen (Rassemblement national). "Recevoir de vous des leçons d'écologie après l'été qu'on a passé ? Il y a une limite à l'arrogance", a pour sa part déclaré Raphaël Glucksmann (Place publique) à l'intention de Gabriel Attal.

Pourtant un temps ministre de l'Intérieur en 2024-2025, Bruno Retailleau (Les Républicains) s'en est lui aussi pris au pouvoir en place, estimant que "le double quinquennat d'Emmanuel Macron est un échec". "J'en ai marre du 'en même temps'", a-t-il ajouté. 

Au cours de ces échanges, les candidats ont tenté d'expliquer ce qu'ils mettraient en oeuvre en cas d'arrivée à l'Elysée en mai prochain. Voici ce qu'il faut retenir de ce premier débat présidentiel.

Édouard Philippe : "Brûler la dette" mettra la France en "interdit bancaire"

Dès le début du débat, Jean-Luc Mélenchon a été invité à réexpliquer sa proposition sur la dette française. De quoi faire réagir Édouard Philippe. "Ce que vous êtes en train de dire, Monsieur Mélenchon, au fond, revient à ça : vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire. Je ne veux pas de ça. (...) La France, elle a une parole, elle la tient et elle remet en ordre ses comptes, comme tous les autres pays l'ont fait, y compris lorsqu'ils étaient gouvernés à gauche avec du sérieux", a déclaré l'ancien Premier ministre et candidat Horizons, qui s'exprimait sur ce thème après le candidat de La France insoumise. "Ce que je viens d'entendre pourrait m'amuser si ce n'était pas aussi dangereux", a-t-il complété.

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Marine Le Pen va présenter un plan d'économies de 125 milliards d'euros 

La candidate du Rassemblement national à la présidentielle, Marine Le Pen, a annoncé jeudi devant le Medef qu'elle présenterait un plan d'économies "juste avant le débat budgétaire" qui débutera lorsque le projet de loi de finances sera déposé fin septembre ou début octobre. "Nous présenterons notre trajectoire de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d'euros d'économies", a affirmé la députée.

Sur la question des retraites, sur laquelle des divergences avaient pu apparaître avec Jordan Bardella, elle a redit sa volonté de permettre un départ à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler "avant 20 ans", "puis progressivement on arrivera à 42 ans de cotisations et un âge légal de 62 ans".

Jean-Luc Mélenchon : "Si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession"

Jean-Luc Mélenchon a exhorté jeudi les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires". "Je vous mets en alerte : le budget Lecornu, plus l'inflation alimentaire, si vous n'augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession", a lancé le candidat de La France insoumise lors de ce débat. Avant de le répéter un peu plus tard dans les échances : "Il faut augmenter les salaires, il faut augmenter le Smic. Si vous ne voulez pas, vous ne rigolerez pas longtemps."

Le candidat de La France insoumise à la présidentielle a aussi promis de "désobéir" aux décisions européennes qui seraient "en contradiction" avec "les intérêts des Français tels qu'ils sont décrits par leur vote et les programmes". "Nous devons donc modifier le traité qui fait l'Union européenne, parce que sinon nous allons mourir politiquement, socialement et industriellement parce que nous ne sommes pas en état de résister", a-t-il insisté.

Bruno Retailleau propose de lier l'âge de départ à la retraite "à l'espérance de vie" 

Le candidat des Républicains à la présidentielle, Bruno Retailleau, a proposé jeudi de lier l'âge de départ à la retraite "à l'espérance de vie". "Je proposerai une disposition qui avait été à l'époque décidée par (le Premier ministre) François Fillon dans le Code du travail et qui n'a jamais été activée, de lier par une équation proportionnelle, l'âge de la retraite et l'espérance de vie", a affirmé le sénateur de Vendée, qui "assumera un âge légal" de départ. Celui qui a annoncé qu'il présenterait son projet de réforme des retraites "dans quelques jours" estime qu'"aucun des candidats ne pourra résoudre le problème des finances publiques et de la dette sans les retraites". 

"Le premier problème, c'est l'État bureaucratique", a également déclaré Bruno Retailleau. Il a promis de supprimer "quelques semaines" après son éventuelle arrivée à l'Elysée, "sur ordonnance", "une centaine de normes, les plus stupides".

Gabriel Attal veut "revenir sur les hausses du coût du travail qui sont intervenues depuis 2024"

Gabriel Attal a dit vouloir "revenir sur les hausses du coût du travail qui sont intervenues depuis 2024", et après son départ de Matignon. "Ce qu'il aurait fallu faire, c'est ne pas augmenter le coût du travail depuis 2024", la dissolution de l'Assemblée et les budgets des gouvernements suivants, a-t-il jugé. "Donc, le premier engagement que je prendrai (...), c'est de revenir sur ces hausses du coût du travail, qui sont un boulet pour nos entreprises et dans la compétitivité de notre économie", a déclaré l'ancien Premier ministre, candidat Renaissance à l'Élysée, qui a aussi insisté sur l'importance de la question du logement.

Le député a aussi critiqué l'attitude de Marine Le Pen, l'accusant d'avoir "voté contre toutes les réformes proposées pour faire des économies". "Dans une AG de copro, vous êtes celle qui vote contre les provisions (...) mais qui se plaint que l'ascenseur est en panne le lendemain", a-t-il lancé. Réponse de l'intéressée : "C'est parce que vos propositions sont injustes M. l'ancien Premier ministre !"

Raphaël Glucksmann promet de ne pas financer la hausse des salaires par "la casse du modèle social"

Le candidat social-démocrate Raphaël Glucksmann a promis jeudi de ne pas financer la hausse des salaires "par la casse du modèle social", ni "par l'aggravation de la dette", lors du débat organisé par le Medef. "J'ai fait une proposition forte qui est de dire on baisse la CSG sur les salaires pour les salariés et on trouve l'argent où ? Eh bien chez les grands, les méga-héritiers", en taxant davantage les successions, a déclaré l'eurodéputé Place publique.

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Concernant la réforme des retraites, il a indiqué souhaiter l'"abroger", "parce qu'elle est injuste". "Il faudra en faire une (autre), mais il faudra la fonder sur la pénibilité", a-t-il avancé, estimant que le patronat avait "fait une erreur" lors du conclave sur les retraites. Dans son message d'introduction, Raphaël Glucksmann a dit regretter qu'"on célèbre l'ouverture d'un parc Dragon Ball Z financé par l'Arabie Saoudite" et qu'en même temps "on enterre le projet de Fos-sur-Mer qui devait créer" des panneaux photovoltaïques.

Marine Tondelier défend un "Smic à 2.000 euros brut"

Le candidate des Écologistes, Marine Tondelier, a de son côté promis "un Smic à 2.000 euros brut" en échange d'un "grand plan d'aide pour les TPE et les PME" et défendu une présidence "des petites et moyennes entreprises". A l'intention des chefs d'entreprise, elle a assuré que les écologistes "aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".

Marine Tondelier a également mis en garde sur les mesures à venir, notamment dans le prochain débat budgétaire," estimant que la France n'avait "jamais été aussi proche d'une rupture du pacte social".

* Avaient été conviés par le Medef : Marine Le Pen, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon.

(avec AFP)