Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a de nouveau plaidé pour une primaire élargie, qui irait de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, afin de rassembler la gauche. Si François Ruffin s'est dit favorable à cette option, le leader de Place Publique a rappelé que les règles de la primaire qui aura lieu le mois prochain avaient d'ores-et-déjà été tranchées par les militants du PS.
"Les militants socialistes ont tranché, on ne change pas les règles en cours de jeu. Moi, je respecterai les règles même si je perds". La réponse de Raphaël Glucksmann à la proposition une nouvelle fois formulée par Olivier Faure n'aura pas tardé. Le Premier secrétaire du Parti socialiste a redit lundi, à l'antenne de RMC-BFMTV, sa préférence en vue de l'élection présidentielle de 2027, pour une primaire "qui aille de Ruffin à Glucksmann" afin que "toute la gauche sociale et écologique puisse se retrouver".
En juillet dernier, lors d'un vote interne au Parti socialiste, les adhérents avaient choisi de désigner leur candidat parmi ceux "faisant partie du pôle socialiste", écartant l'option d'une primaire ouverte voulue par le Premier secrétaire. Ce dernier proposait que, moyennant une participation de deux euros, le vote soit ouvert aux sympathisants, et qu'il permette de trancher parmi un éventail élargi de formations de gauche à l'exception de La France insoumise. Mais c'est l'option d'une primaire restreinte au Parti socialiste et à Place publique, notamment prônée par Boris Vallaud, qui avait été plébiscitée par 55,5 % des votants, contre 44,5 % pour la primaire ouverte défendue par Olivier Faure.
Sur RTL ce mardi matin, le fondateur de Place publique s'est d'autant plus agacé des propos d'Olivier Faure que ce dernier occupe une fonction de dirigeant au sein du parti à la rose. "Quand on est Premier secrétaire du PS, la première chose à faire, c'est respecter les votes de ses propres militants", a aussi argué Raphaël Glucksmann.
"Pour moi, c'est oui", a en revanche répondu François Ruffin sur X à la proposition réitérée d'Olivier Faure, avant d'expliquer que ce processus de primaire élargie n'aurait pas lieu. "Parce qu’ils ont peur. Ils tremblent", a ainsi estimé le président de Debout !, évoquant "quatre sondages (...) commandés, en début d’année, officieusement, sur une possible primaire", qui l'auraient "chaque fois (...) donné gagnant".
"Du coup, ils ont inventé leur petite primaire", poursuit François Ruffin, qui rappelle qu'il aurait été prêt à y participer mais que "les apparatchiks, et notamment de Place publique, ont verrouillé la porte, l’ont blindée, ont posé des mines derrière. 'Surtout pas Ruffin !'". Et le député de conclure qu'une victoire de la gauche ne pourra passer que par le rassemblement de celle-ci, estimant que "chacun dans son 'espace', dans son 'périmètre', c’est mortifère, c’est l’assurance de la défaite".
"Personne n’a peur de toi François", a répondu sur X le député et soutien de Raphaël Glucksmann, Sacha Houlié. "Comment peux-tu prétendre incarner la gauche sociale démocrate ?", a-t-il aussi fait valoir, taxant le fondateur de Debout ! d'"anticapitaliste", "souverainiste", "contre le nucléaire civil" et "opposé à la régularisation des travailleurs étrangers".
"François Ruffin a ce grand mérite de chercher à ouvrir les portes pour rassembler la gauche", a en revanche estimé sur le même réseau social le porte-parole du PS, Arthur Delaporte. "C’est ce que nous portons aussi avec Olivier Faure. Sortons des querelles de chapelles avec une primaire vraiment populaire", a lancé le député du Calvados.