Depuis Tourcoing, Édouard Philippe a esquissé ce dimanche le plan qu'il souhaite mettre en place dans le cas d'une victoire à l'élection présidentielle, dans l'optique de rassembler "la droite et le centre".
C'est auréolé du soutien récent de Gérald Darmanin qu'Édouard Philippe a dévoilé ce dimanche l'ébauche d'une après-présidentielle victorieuse. Comme chaque année depuis 2023, le garde des Sceaux organisait sa rentrée politique dans son fief électoral de Tourcoing (Nord). Et Gérald Darmanin avait réservé une tribune de choix à l'ex-Premier ministre, qui s'est exprimé devant 600 à 700 personnes.
Dans le Nord, le candidat Horizons a privilégié la politique pure, indiquant à l'assistance qu'il voulait créer un "un nouveau parti" ou "une confédération de partis", avec des "candidats uniques dans chaque circonscription" pour les élections législatives qui devraient suivre la présidentielle. Ces candidats devront s'engager "sur un contrat de majorité" et "sous une bannière commune", afin de créer une "majorité politique" à l'Assemblée nationale, a précisé le maire du Havre.
"Il ne s'agit pas de refaire l'UMP", comme le lui reproche régulièrement l'équipe de Gabriel Attal, son concurrent au sein du bloc central. Mais 2027 doit amener une "recomposition politique", a insisté Édouard Philippe, qui ambitionne, après dix ans de macronisme, de "rassembler la droite et le centre".
L'ex-Premier ministre a cité les valeurs qui doivent permettre de sceller ce rassemblement : "le respect de l'État de droit et du modèle démocratique", "l'attachement à la construction européenne", "le choix d'une économie de marché", "l'école du mérite et de l'excellence républicaine", "la conscience claire de l'urgence climatique", "le souci de préserver la dignité de chacun" et la défense des "intérêts" et de la "sécurité" de la France.
"Tous ceux qui se retrouvent dans ces idées simples, tous ceux-là doivent se rassembler pour que nous ne basculions ni dans la soit-disant 'nouvelle France' de LFI, ni dans l'identitarisme nationaliste et gauchisant de Mme Le Pen", a harangué le maire du Havre.
Édouard Philippe s'est en revanche gardé de détailler son programme, et notamment sa vision des retraites, le principal bémol que lui oppose Gérald Darmanin, défavorable à "la retraite à 67 ans". Le candidat Horizons n'a fait que réaffirmer les grands principes de la réforme qu'il imagine, indiquant que celle-ci devra tenir compte à la fois de la "réalité démographique" et de la "réalité des métiers et des carrières". Semblant, comme il l'a fait à plusieurs reprises, évacuer toute mesure d'âge uniforme.
De son côté, le ministre de la Justice a réitéré un soutien franc au maire du Havre, estimant qu'Édouard Philippe est "la seule personne qui peut gagner la présidentielle". "Je serai heureux d'être ton premier matelot", a lancé le garde des Sceaux à son "capitaine de bateau", ne faisant pas mystère de son ambition de rallier Matignon en cas de victoire de l'ex-Premier ministre en 2027.
(Avec AFP)