Messe anti-"gauchistes" à Carcassonne: Jean-Luc Mélenchon demande des sanctions face à des propos "séditieux"

Actualité
Image
Jean-Luc Mélenchon, le 2 septembre 2026.
Jean-Luc Mélenchon, le 2 septembre 2026.
par Maxence Kagni, le Vendredi 18 septembre 2026 à 14:47, mis à jour le Vendredi 18 septembre 2026 à 17:57

La diffusion par le Canard enchaîné d'une vidéo d'un aumônier militaire fustigeant lors d'une messe les "gauchistes", a provoqué l'émoi d'une partie de la classe politique. Dénonçant des "injures racistes" et des "propos séditieux", Jean-Luc Mélenchon estime que le ministre du culte devrait être mis "en prison".

Selon Jean-Luc Mélenchon, "les participants à ce rassemblement dégoûtant (...) doivent être identifiés et neutralisés dans leur rôle militaire éventuel". Ce vendredi 18 septembre, le leader de la France insoumise, comme d'autres personnalités politiques de gauche, dénonce les propos contre "les gauchistes" d'un aumônier militaire, attaché au 3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine basé à Carcassonne.

Les faits, révélés par le Canard enchaîné, se sont déroulés en octobre 2025 lors d'une messe dans la cathédrale de Carcassonne, à l'occasion de la fête de la Saint-Michel, le patron des parachutistes. Dénonçant tour à tour "les gauchistes", "ceux qui mangent de la graine" et ceux qui "font la morale à tout le monde," l'aumônier interpelle les militaires présents en nombre devant lui : "À vous de dire : 'Calmez-vous les gauchistes, respirez par le nez !'". Une intervention qui fait rire l'assistance.

Tweet URL

"Je vous encourage mes chers amis à continuer à combattre, à continuer à avoir le courage de vos convictions comme j'essaie de le faire à cette messe", exhorte l'aumônier. Et d'appeler les militaires présents à "continuer à avoir cette fougue, cette foi" : "Sinon, ce beau pays qu'est la France sera moqué, et d'autres prendront notre place", ajoute-t-il.

"Sa place est en prison"

"À supposer qu'un tel discours ait sa place dans l'Église catholique, il n'en a aucune dans l'armée française. Sa place est en prison pour injures racistes et propos séditieux", réagit ce vendredi Jean-Luc Mélenchon, sur son compte X. Le député Bastien Lachaud (LFI), qui explique avoir interpellé le gouvernement, en janvier dernier,  contre une "dérive continue au sein du 3e RPIMa" de Carcassonne, demande à la ministre des Armées Catherine Vautrin de "prendre ses responsabilités, [de] changer le commandement de ce régiment et [de] prendre toutes les sanctions qui s'imposent". 

Tweet URL

Pour appuyer ces appels à sanctionner l'aumônier, son collègue Pierre-Yves Cadalen (LFI) publie sur ses réseaux sociaux un extrait de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l'État qui proscrit à un ministre des cultes de prononcer un discours "dans les lieux où s'exerce le culte" s'il "tend à soulever ou à armer une partie des citoyens contre les autres".

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, juge quant à lui le contenu de la vidéo "hallucinant" : "Cet aumônier prêche le retour des croisades là où le pape appelle à la fraternité et à la paix. L’extrême droite appelle à la haine partout. Nous la combattrons partout", écrit le candidat à la primaire de la gauche sur X.

"Un prêche politique n'a pas sa place dans un lieu de culte", réagit de son côté le député Alexis Corbière (Écologiste et Social). Face à une vidéo "scandaleuse", le sénateur Pierre Ouzoulias (Parti communiste) annonce qu'il "saisira le procureur de la République afin que toute la lumière soit faite sur d'éventuelles infractions".

D'après les informations de BFMTV, la ministre des Armées, Catherine Vautrin a demandé l’examen de l’ouverture d’une procédure disciplinaire. Le porte-parole de l’état-major des armées, Xavier Rival, a jugé les propos de l’aumônier "inappropriés", rappelant que les obligations de réserve et de neutralité politique s’imposent à tous les membres de l’institution. L’intéressé a fait l’objet d’un "rappel à l’ordre formel" de la part du commandement du 3e RPIMa et a présenté des excuses publiques puis écrites.