"Erreur" sur les APL, taxe sur le sucre "un peu hypocrite": Bruno Le Maire critique la copie budgétaire du gouvernement

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Bruno Le Maire, le 5 octobre 2026.
Bruno Le Maire, le 5 octobre 2026. LCP
par Maxence Kagni, le Lundi 5 octobre 2026 à 20:20

Bruno Le Maire était l'invité ce 5 octobre de Lundi, c'est politique sur LCP. L'ancien ministre de l'Economie a critiqué la copie budgétaire du gouvernement, qui pourrait selon lui être "beaucoup plus rigoureuse".

Bruno Le Maire en est convaincu : "Nos finances publiques sont hors de contrôle et elles le sont très précisément depuis la dissolution de 2024." Invité ce 5 octobre de l'émission Lundi, c'est politique sur LCP, l'ancien ministre de l'Economie (2017-2024) a présenté son propre plan "d'urgence" budgétaire, estimant que la proposition du gouvernement n'était pas assez ambitieuse.

Bruno Le Maire, qui estime qu'une crise financière est possible en France, affirme qu'il faut "activer le frein d'urgence" : "Il faut désindexer les pensions, l'ensemble des prestations sociales sauf le RSA, il faut en finir avec l'abattement à 10% sur les retraités, il faut geler le point d'indice, l'avancement des fonctionnaires", a estimé l'ancien ministre. Ce "frein" permettrait d'économiser 30 milliards d'euros : "Aucun responsable politique français ne met sur la table" ce dispositif, a ajouté Bruno Le Maire.

Un rabais sur la contribution française à l'UE

Sur la question de la contribution à l'effort des retraités, l'ancien ministre s'est dit favorable à la désindexation de certaines pensions mais aussi à la suppression de l'abattement de 10% dont ils bénéficient : "C'est sans doute très difficile, mais le jour où la Banque centrale européenne exigera que nous baissions les pensions, là ce sera vraiment catastrophique", a estimé l'ancien ministre.

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Autre mesure proposée : une demande de rabais sur la contribution française à l'Union européenne, de l'ordre de -5 milliards d'euros. "Nous avons, aujourd'hui, un niveau de vie moyen en France qui est inférieur au niveau de vie moyen des Européens," a justifié Bruno Le Maire.

Toucher aux APL, une "erreur"

L'ancien ministre estime que sa copie budgétaire est "beaucoup plus rigoureuse et beaucoup plus sérieuse [que celle du gouvernement Lecornu]". Bruno Le Maire fustige notamment le gel des APL ou encore l'obligation pour certains parents de choisir entre faire bénéficier des APL à leur enfant ou conserver le gain en impôt lié au rattachement au foyer fiscal de ce même enfant. "C'est une erreur de toucher aux APL", a déclaré l'ancien locataire de Bercy, inquiet des conséquences de ces mesures pour le pouvoir d'achat des classes moyennes.

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Bruno Le Maire a aussi dénoncé la volonté du gouvernement d'étendre la "taxe soda" actuellement en vigueur "à des produits sucrés et transformés" : "Aller expliquer avec un petit peu d'hypocrisie qu'on augmente la taxe sur le sucre pour le bien des gens, honnêtement je trouve que ce n'est pas formidable", a déclaré l'ancien ministre de l'Economie.

Une critique de la gestion de la crise lycéenne

Malgré ces critiques, Bruno Le Maire estime que le "pire" pour la France serait qu'elle ne soit pas dotée d'un Budget : "C'est pour cela que j'appelle le gouvernement à améliorer sa copie en réduisant davantage les dépenses et en renonçant à certaines taxes qui sont à la limite des provocations", a-t-il conclu.

Bruno Le Maire a par ailleurs critiqué le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui a affirmé dans une interview à Sud Radio ce lundi matin "craindre" un "embrasement" dans la crise lycéenne : "Quand vous employez le mot 'embrasement', je pense que vous jouez avec la peur des Français, je pense que c'est une erreur", a réagi Bruno Le Maire. "Aujourd'hui, la force, l'opposition brutale, le dénigrement de la parole des lycéens ne conduiront nulle part", a aussi affirmé l'ancien ministre, précisant qu'il faut selon lui "écouter la parole des lycéens".

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