Le député Rassemblement national Jean-Philippe Tanguy est revenu, mercredi soir, sur sa phrase "le travail rend libre", prononcée lors d'un meeting le week-end dernier, et la polémique qu'elle a provoquée. Il nie toute référence aux camps de concentration nazis à l'entrée desquels était inscrite la phrase "Arbeit macht frei" en allemand. L'élu RN dénonce une instrumentalisation lui mettant "une cible sur la tête".
"Il n'y a aucun moment où j'ai pensé à mal." Invité de BFMTV, mercredi 23 septembre au soir, le député Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national) s'est expliqué au sujet des propos qu'il a tenus samedi dernier lors d'un meeting à Vierzon (Cher). Dans une très courte vidéo reprenant deux secondes de son intervention, très diffusée et commentée sur les réseaux sociaux, l'élu de la Somme affirme que "oui, le travail rend libre".
Des propos que de nombreux internautes, dont des responsables politiques, ont rapproché de sa traduction allemande, "Arbeit macht frei" : ces mots figuraient notamment à l'entrée du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau. "Toute honte bue, le n2 du groupe lepéniste à l’Assemblée dog whistle (un message codé, ndlr) les néonazis. Envie de vomir", a réagi sur X l'eurodéputée Nathalie Loiseau (Horizons).
"Soit il ne sait pas d’où vient cette phrase et c’est inquiétant. Soit il le sait et ça l’est encore plus !" a, quant à lui, écrit sur le même réseau social le député Antoine Léaument (La France insoumise). "Jean-Philippe Tanguy a trouvé ce nouveau slogan : "Le travail rend libre." Un lapsus, sans doute, référence à l'Allemagne nazie", a pour sa part commenté le député François Ruffin (Écologiste et Social).
Hier soir, le député RN a réagi à la polémique sur le plateau de BFMTV : "Le seul regret que j'ai, c'est que cette phrase, étant isolée et mal utilisée, a pu faire de la peine a des familles qui ont connu la tragédie et la barbarie du nazisme", a-t-il expliqué, affirmant "s'excuser" pour cela.
Puis, il a dénoncé l'"esprit tordu" qui, "cherchant le mal partout", "est allé resserrer cette phrase, l'isolant de son contexte". Un extrait plus long diffusé sur les réseaux sociaux montre Jean-Philippe Tanguy déclarer que "le travail rend libre, un salaire digne rend libre, des droits sociaux durement acquis par le travail rendent libre".
"Une fois que vous nazifiez une personne, vous lui mettez une cible sur la tête", a accusé l'élu de la Somme. Et de conclure : "Ceux qui manipulent volontairement pour me salir, font une ignominie, alors qu'ils savent très bien que je n'ai rien à voir avec ça".