Le succès des repas étudiants à 1 euro dans les restaurants universitaires nécessite une hausse sensible de l'enveloppe budgétaire qui est dévolue à ce dispositif. Mais le gouvernement met en garde : en l'absence d'adoption du budget l'État pour 2027, toutes les demandes de repas ne pourront pas être satisfaites.
Les repas à 1 euro sont un "succès". Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a annoncé ce dimanche 20 septembre, dans un entretien publié par Ouest-France, une hausse sensible du bugdet dévolu aux repas à 1 euro, accessibles à tous les étudiants dans l'ensemble des restaurants Crous. Le gouvernement prévient qu'un rejet du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 empêcherait le déploiement du dispositif.
Autrefois réservés aux boursiers et aux non-boursiers précaires, le repas à un euro est, depuis le 4 mai dernier, accessible à tous les étudiants, sans conditions de ressources. "La fréquentation des restaurants universitaires est en hausse parfois très forte, même si la situation est variable d’un site à un autre", a expliqué Philippe Baptiste. Le gouvernement prévoit donc une enveloppe de 143 millions d'euros dans le projet de budget de l'État pour l'année prochaine.
Adoptée dans le cadre du PLF 2026, à la suite d'un accord de non-censure entre le gouvernement et les députés socialistes, la mesure était estimée à 90 millions d'euros par an, sur la base d'une hausse de la fréquentation d'environ 10 % par an. Un rapport d'information du député Charles Sitzenstuhl (Ensemble pour la République) estimait quant à lui le coût annuel du dispositif à 116 millions d'euros.
Face à cette hausse de la fréquentation, le gouvernement propose un nouvel investissement pour compenser financièrement le passage du prix des repas de 3.30 euros à 1 euro. La somme permettra aussi "aux restaurants universitaires d’investir dans de nouveaux équipements et dans des travaux pour pousser les murs" voire à "recruter des personnels", précise Philippe Baptiste.
Le ministre de l'Enseignement supérieur met la pression sur les oppositions : "Si la loi de finances n’est pas adoptée au Parlement d’ici la fin de l’année, nous serons incapables d’assurer le repas à 1 euro pour tous", explique Philippe Baptiste. "Nous n'aurons pas les moyens financiers disponibles", insiste le ministre, rappellant que la mesure avait "fait l’objet d’un accord politique avec le Parti socialiste en 2025".
Avant même le coup d'envoi des discussions budgétaires à l'Assemblée nationale, tous les groupes de gauche s'apprêtent à censurer le gouvernement, mais la chute du gouvernement Lecornu n'est pas acquise. En effet, le Rassemblement national laisse plâner le doute sur son attitude, Marine Le Pen ayant récemment déclaré qu'elle préférait un budget "même imparfait" plutôt qu'une loi spéciale, c'est-à-dire une absence de budget.