La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a présenté aux médias, ce mercredi 16 septembre, le projet de nouvel espace d'accueil du public, répondant aux critiques de ceux qui s'y opposent, alors qu'une pétition signée par 150.000 personnes demande son annulation. Elle a rappelé qu'en septembre 2024, ce projet avait été approuvé à l'unanimité par le Bureau de l'institution.
Il s'agit, selon Yaël Braun-Pivet, d'un "projet d'intérêt général, d'intérêt public, 100 % dirigé vers nos concitoyens". Ce mercredi, la présidente de l'Assemblée nationale a présenté à la presse le projet de nouveaux espaces d'accueil du public au sein du Palais Bourbon. Elle a notamment réagi aux polémiques concernant la destruction du pavillon d'accueil actuel et son remplacement par un bâtiment à l'architecture contemporaine.
Lancé en 2022, le projet fait l'objet de critiques d'associations de défense du patrimoine, qui mettent en cause l'esthétique du nouveau bâtiment et le coût des travaux, estimé à 52,8 millions d'euros. Une pétition, nommée "Non à l'enlaidissement de Paris par l'Assemblée nationale", a recueilli plus de 150 000 signatures. Elle a notamment été diffusée sur ses réseaux sociaux par l'un des vice-présidents de l'Assemblée, Sébastien Chenu (Rassemblement national).
Devant les journalistes, Yaël Braun-Pivet a indiqué que l'amélioration des espaces d'accueil du public était une "nécessité constatée dès 1980 par le Bureau de l'Assemblée nationale". Selon l'élue, ceux-ci sont "petits, anciens et ne sont pas accessibles aux personnes à mobilité réduite".
Or, précise Yaël Braun-Pivet, le nombre de visites du Palais Bourbon a doublé en dix ans, passant à 200 000 visiteurs annuels. La configuration actuelle des lieux ne permet pas non plus de présenter suffisamment de contenus pédagogiques sur le fonctionnement de l'institution et sur la vie parlementaire, estime la présidente de l'Assemblée. "Il n'y a pas un euro [de l'argent mobilisé dans ce projet] qui est investi pour les députés", a-t-elle souligné.
Accusée par les opposants au projet d'agir seule, Yaël Braun-Pivet a expliqué que le Bureau de l'Assemblée nationale avait donné son accord unanime pour lancer le programme en 2022 et que les trois collèges ayant choisi le lauréat du concours ne comportaient pas "de parlementaires en exercice". Elle a aussi rappelé que le Bureau avait approuvé "à l'unanimité" le projet, le 17 septembre 2024. À cette époque, le Rassemblement national ne disposait pas de représentant au sein de l'instance. Le Bureau est la plus haute autorité collégiale de l'Assemblée nationale.
L'architecte Alain Moatti, de l’agence Moatti & Rivière, la lauréate du concours, a présenté plus particulièrement le nouveau pavillon d'accueil. Celui-ci fera finalement 8 mètres de hauteur, soit "exactement la taille du bâtiment actuel", et il sera "exactement sur la trace du bâtiment actuel".
Alain Moatti a insisté sur les "colonnettes en pierre" du nouveau bâtiment, qui réalisées avec des matériaux recyclés sur l'ancien bâtiment. Elles serviront de pare-soleil aux vitres du futur pavillon : "Toute cette façade est une façade de pierre, mais elle est contemporaine", a détaillé l'architecte.
"L'architecte des bâtiments de France, dès le départ, nous a dit que [l'ancien bâtiment] n'a pas d'intérêt patrimonial", a complété Yaël Braun-Pivet. La présidente de l'Assemblée nationale a également précisé que le nouveau pavillon d'accueil ne nécessite pas de modification du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) du 7e arrondissement de Paris. La procédure de modification du plan, qui a fait l'objet d'un avis favorable de la mairie de Paris à la mi-juillet, concerne l'aménagement d'espaces en sous-sol a fait savoir Yaël Braun-Pivet.
La diffusion au mois d'août par l'association Sites et Monuments d'une vidéo en partie réalisée par intelligence artificielle, donnant une mauvaise idée du projet selon ses défenseurs, avait relancé la polémique sur la construction du futur pavillon d'accueil.
Le calendrier prévisionnel présenté par la présidence de l'Assemblée nationale table sur un dépôt du permis de construire début 2027, pour un démarrage des travaux en 2028 et une livraison du nouvel espace d'accueil en 2030. "Aujourd'hui, arrêter le projet n'aurait pas de sens", a considéré Yaël Braun-Pivet, qui estime nécessaire d'obtenir la modification du PSMV, qui pourrait intervenir à la mi-2027.
La présidente du Palais Bourbon a cependant ajouté que le Bureau (potentiellement renouvelé en cas de dissolution après l'élection présidentielle) pourra ensuite "interrompre le projet, le transformer, le modifier, l'étaler dans le temps, etc.". Tout en prévenant qu'un arrêt pur et simple du projet ne serait "pas neutre", puisqu'il faudrait alors "indemniser l'agence d'architecte" Moatti & Rivière.
